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POURQUOI UNE
ACTION ?
10 QUESTIONS
RÉPONSES
Pourquoi lancer
l'action le 10 mars ?
Dès la fin janvier, le SNUI a
alerté tous les agents des impôts : le dossier
CDI/CDIF est apparu comme un révélateur de
la reconfiguration totale
de la DGI. Dès ce
moment là, nous avons mis en avant la dégradation
des conditions de travail, la flexibilité que cherchent
sans cesse les directeurs, la perte de repères pour une
majorité d'entre nous. L'action est apparue comme
indispensable (échange entre le Bureau National et les
administrateurs régionaux du SNUI, réunions
intersyndicales).
Le choix de la date du 10 mars,
1er jour de la campagne IR a été
fixé en intersyndicale par rapport à l'impact
médiatique rendu possible. Alerter l'opinion publique et
les élus sera plus facile à ce moment là. Le
SNUI tiendra ce jour-là une conférence de presse
nationale.
La campagne IR est
également le moment où les agents peuvent s'exprimer
et faire connaître leur mécontentement.
Il semble d'ailleurs que cette
année les conditions de participation à cette
campagne aient été plus
" musclées " et moins assises sur la
liberté de choix (permanences méridiennes,
ouvertures les samedis, ...).
Enfin, le 10 mars est
également le jour de reprise après les vacances
scolaires sur tout le territoire.
Est-ce que c'est une
grève de solidarité pour les CDIF ?
Dire que les CDIF seront
touchés est une évidence puisque c'est leur
disparition qui est programmée. Toutefois le rapprochement
CDI-CDIF va concerner à terme tous les SAID et les IFU. Il
est bel et bien envisagé de transférer toute la
fiscalité locale, essentiellement dans ces deux services.
Pour le SNUI cette réforme à l'instar, des autres
(pôle de compétences, CDI-Recette, ...), conduit
à une industrialisation des tâches, une
déqualification difficilement imaginable pour une grande
majorité des agents tandis que seule une petite
" élite " bien profilée grâce
à l'évaluation notation sera
" spécialisée ".
Le 10 mars, il ne s'agit pas de se
mobiliser sur le seul aspect technique du rapprochement CDI/CDIF,
il faut considérer l'ensemble du programme des changements
et comprendre qu'à
défaut d'action nous allons vers des années de
galère (conditions
de travail dégradées fortement, règles de
gestion détruites, et le tout sans aucune reconnaissance
notamment financière).
Le 10 mars, et
après ?
L'action de grève doit d'abord
être réussie et pour cela il faut faire largement
comprendre que l'affaire ne concerne pas que les agents des CDIF
et des CDI. Au-delà de la grève, d'autres
initiatives peuvent d'ores et déjà prises en
intersyndicale.
Le 10 mars marquera le
début des expressions auprès des
médias.
Le 10 mars ouvrira la
période de distribution de tracts au public, laquelle
pourra couvrir toute la campagne IR.
Et dès le 11 mars, on peut
imaginer des formes multiples d'interpellation des directeurs
locaux, des délégués interrégionaux,
du directeur général.
Au bout de tout cela, il y aura le
CTPC consacré au " coeur des missions "
(début avril). Comment ne pas envisager alors un temps
fort ? Il y aura
aussi l'interpellation des ministres par les
fédérations des Finances, ces dernières
n'acceptant pas d'attendre le CTPM du 30 juin pour
découvrir la seconde partie du programme structurel de MM.
Mer et Lambert (conséquences de la LOLF notamment).
Comment parvenir
à la fois à se battre pour les retraites et contre
l'industrialisation de la DGI ?
Les attaques contre les
fonctionnaires sont commandées par la même logique,
mais viennent d'origines différentes et à des
moments séparés. Le coup de semonce du 26 novembre
ne doit pas être oublié. Ce jour-là, les
motivations des grévistes ont été multiples
et c'est la somme des mécontentements qui a assuré
un score élevé.
En relançant une
journée d'action dès le 10 mars, les syndicats de la
DGI envoient un signe fort pour que les agents expriment leur
ras-le-bol face à
la valse des réformes et pour construire les bases d'un
nouveau rapport de forces.
Cela n'empêchera pas un
engagement dans la bataille des retraites si une nouvelle
initiative unitaire est proposée par les
confédérations ou les fédérations de
fonctionnaires.
Est-ce le retour de
la Mission 2003 ?
OUI, car quelles que soient les
réformes, ce qu'il faut d'abord relever c'est
la continuité de la
politique libérale appliquée à la
DGI. Il faut toujours
parvenir à une gestion moins coûteuse de la
fiscalité. Bercy est devenu tour à tour le symbole,
la victime ou l'initiateur de la réforme de l'Etat.
NON : car les chemins
empruntés ne sont pas les mêmes et sans le conflit
2000, les sites qui sont aujourd'hui potentiellement
menacés seraient déjà définitivement
fermés. En outre, 3 000 emplois supplémentaires
auraient déjà été supprimés
à la DGI et à la CP.
Maintenant il faut se projeter
vers l'avenir en considérant que le Ministre remet tout sur
le tapis " en base zéro " pour reprendre sa
formule et à chaque fois les conséquences sont
lourdes.
-Le 7 octobre, il a tranché une
question essentielle, l'organisation du ministère dans une
logique usager (à la DGI les professionnels et les
particuliers, à la CP les collectivités locales) ou
dans une logique métiers (à la DGI, l'assiette et le
contrôle, à la CP, tout le recouvrement).
-Au cours des prochains mois (avant le
30/06) il va trancher :
-le périmètre des
missions : celles conservées,
transférées, externalisées,
-la définition des programmes
budgétaires qui par construction présentent un
caractère interdirectionnel.
C'est donc des stratégies pour
l'avenir qu'il faut
construire et les plus efficaces sont syndicalement celles qui
s'appuient sur un rapport de force favorable.
Qu'est-ce qui a
changé depuis un an ?
Sur le fond des réformes et
l'analyse faite par le SNUI, il n'y a pas, en apparence, de
changement considérable, sinon une
accélération du programme. En réalité
le changement se
révèle profond, puisque, notamment, le concept de
pôles de compétence vient consacrer une organisation
totalement différente des chaînes de travail
(séparation travaux de masse et travaux plus
" pointus " sur l'ensemble du nouveau centre des
impôts). Par ailleurs, le programme tracé par
M . Mer le 7 octobre dernier n'est pas encore totalement
dévoilé.
Il ne faut pas oublier que des
réflexions sont toujours en cours sur le coeur de missions,
sur l'organisation de la chaîne de traitement de la TVA, sur
les conséquences de la LOLF (celle-ci pouvant conduire
à de nouvelles remises en cause des frontières de la
DGI, de la CP, et de la Douane).
Qu'est-ce qui ne va
pas dans les projets de M.M. Mer et Villeroy?
Le concept d'interlocuteur unique et
la logique d'organisation suivant la nature du public
(particuliers et professionnels à la DGI,
collectivités territoriales à la CP) peuvent
constituer un progrès. Mais il faut pousser beaucoup plus
loin cette logique de l'usager et ne plus mesurer aussi chichement
les moyens en effectifs. Par contre, il ne faut pas dissocier les
tâches courantes et les tâches plus techniques car
cela rend inopérant le concept d'interlocuteur unique et
installe par surcroît une discrimination entre agents
ordinaires et agents techniquement plus
" pointus ".
La réflexion sur le coeur
des missions des administrations du MINEFI est une autre source
d'inquiétude.
Pour le SNUI, c'est clair :
les missions actuelles de la DGI sont toutes imbriquées et
doivent le rester dans l'intérêt du service
public.
Sauvez les sites ! C'est ce
que nous avons réussi par nos actions jusqu'ici, mais rien
n'est jamais définitif et nous voyons bien que les
opérations de concentration de services (CDI/Recette,
CDI/CDIF, pôles de compétences ...) mettent en
péril de nombreux sites dans un proche avenir.
Restent enfin les agents et la
manière dont on les traite dans le processus de
réforme depuis des années.
Tout y passe : les garanties
dans les règles de gestion qui disparaissent, la
rémunération au mérite pour demain, le
pouvoir d'achat " verrouillé " et la retraite qui
est remise en cause. Ainsi, rien n'est épargné aux
agents qui non seulement
ne sont pas traités comme acteurs des changements, mais
sont en plus pénalisés de par leur état de
fonctionnaire " budgétivores ".
- ET LES AGENTS DANS
TOUT ÇA ?
Peut-on faire le
portrait de la DGI de demain ?
On peut imaginer la DGI de 2007 et
voir d'abord que, d'ici là, de nombreux agents des
impôts seront partis à la retraite. Seront-ils
remplacés ? Sûrement pas si on laisse les
coudées franches au gouvernement, lequel estime que
plusieurs milliers d'emplois à la DGI peuvent être
supprimés chaque année.
Les missions essentielles
seront concentrées
sur deux ou trois sites par département, voire uniquement
au chef-lieu, et c'est en pensant à cette concentration
qu'il faut analyser les rapprochements CDI/Recettes, les
suppressions des CDIF, la constitution de pôles de
compétences, le regroupement des équipes de
contrôle fiscal et de recherches.
Le traitement de masse des
dossiers se fera dans des ateliers chargés des affaires
courantes et, à côté, une minorité
d'agents sera spécialisée dans un domaine
d'expertise.
Dans ce schéma que
deviendront les missions topographiques, les missions domaniales,
les CSI et toutes les missions
" supports " ?
...
Pourquoi toutes nos
règles de gestion sont-t-elles attaquées ?
Pourquoi le Ministre veut-il imposer la rémunération au
mérite ?
Pour le SNUI, les grands principes de
gestion doivent être défendus :
lisibilité, transparence et objectivité (la
règle de l'ancienneté, c'est la plus mauvaise
à l'exception de toutes les autres !).
Les changements récents
(avis, profil, détachements) vont exactement à
l'inverse de ces principes, or rien ne démontre que
l'arbitraire ait plus d'efficacité que le libre choix des
agents départagés entre eux de façon
objective .
Dans sa nouvelle configuration, la
DGI va avoir besoin d'un maximum de flexibilité pour suivre
au plus près les variations de charges. C'est pour cela
qu'elle s'efforce de
chambouler les grands repères de gestion (règles d'affectation et processus
de mutations).
En complément, notre
administration a besoin d'un outil de division des agents pour
sélectionner les plus ambitieux, ceux qui, avant de devenir
" cadres ", remplissent les missions les plus techniques
et notamment dans les pôles de compétence.
" Faire payer
la réforme " : Attention à la
formule
Il faut bien s'entendre sur ce
sujet.
Il n'est pas question pour le SNUI
" d'acheter " par le versement d'une prime une
dégradation des conditions de travail et une
déqualification assez considérable des tâches,
toutes ces choses qui ressortent du dossier CDI/CDIF.
Faire diminuer globalement la
technicité d'un grand nombre d'emplois c'est s'exposer au
pire demain et il n'est pas question de donner un quelconque feu
vert en contre partie de ce qui serait une sorte d'indemnisation
des dégâts à venir.
Par contre, les efforts d'adaptation incessants depuis
une dizaine d'années méritent un retour sur
investissement, pour
parler comme M. Mer, or le Ministre fait toujours la sourde
oreille sur ce point et ce n'est pas le récent plan de
qualifications 2003 qui marque un changement !

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