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18 septembre 2000

Réversibilité du Centre d'Appels Téléphoniques :

le SNUI s'interroge!

 

Depuis le CTPM du 28 avril 2000, Fabius et ses troupes se sont servis du principe de réversibilité des expérimentations afin de déminer le terrain de la concertation.

Suite au groupe de travail du 15 septembre 2000 sur la prétendue expérimentation du Centre d'Appels Téléphoniques à Lille et en recoupant les informations que nous communiquent régulièrement les camarades du bureau de section de Nord-Lille, les intentions de l'administration sont désormais très claires :

- L'expérience se déroulera sur un plateau de trois cents mètres carrés alors qu'un poste de travail n'en occupe que quelques uns. Si on estime sa surface à 5 M2, deux hypothèses se dégagent : soit la salle de repos est immense, soit le nombre de postes de travail sera de soixante.

- Les deux chefs d'atelier (un dans le projet, deux selon la rumeur) auront le grade d'IDCE et d'IDCN pour encadrer dix-huit agents alors qu'un seul ID était initialement prévu et qu'une telle doublette, en CDI par exemple, peut encadrer une bonne cinquantaine d'agents.

- Le montant des travaux d'aménagement du plateau s'élèverait dans un premier temps à 300000 francs (NDLR : il n'y a pas d'erreur de plume !) auquel il faut ajouter entre 15 à 20000 francs pour chacun des quinze postes de travail.

Inutile de préciser qu'en cas de réversibilité de l'expérience cet investissement sera en grande partie perdu même si nous nous félicitons qu'un budget si important soit débloqué pour les conditions de travail des agents-opérateurs.

- Les agents seront recrutés au profil dans les quinze jours suivant la parution d'un PBO d'appel de candidatures et la vacance de leur poste dans la direction d'origine ne sera pas compensée, sauf pour l'inspecteur divisionnaire !

- Enfin, cerise sur le gâteau, le communiqué de presse du MEFI du 7 septembre 2000 relatif à l'abandon de la déclaration de revenus préremplie, communiqué repris sur le site internet du ministère, annonce entre autres la création d'un centre d'appels téléphoniques et non sa simple expérimentation. Il est à noter que le directeur des services fiscaux de Nord-Lille a inscrit dans sa DPA son intention de pérenniser cette structure !

Aujourd'hui, les événements liés à la mise en place du Centre d'Appels Téléphoniques démontrent que le principe de réversibilité a déjà été enterré par le ministre bien avant le début des expériences. Ce principe est uniquement utilisé afin de justifier l'absence de créations d'emplois et de régime indemnitaire spécifique.

De plus, les conditions de travail, fortement influencées par les méthodes du privé, sont indignes d'une administration qui se prétend moderne, jugez-plutôt :

- Pas de doctrine d'emplois pour chaque grade mais une gestion des connaissances de chaque agent.

- Le travail en deux ou trois équipes est abandonné au profit d'une organisation du temps de travail calquée sur les flux d'appels : les chefs de service auront toute liberté et autorité pour faire fluctuer le nombre d'agents par session en fonction des statistiques d'appels. Les agents auront quand même la possibilité d'effectuer une journée continue, c'est à dire sans une interruption de trois heures par exemple, mais pendant les périodes creuses, ils seront affectés aux réponses en ligne Internet. Les principes directeurs concernant l'organisation du travail, qui devaient être définis au niveau national, deviennent des modalités locales.

- Au fil des discussions lors du groupe de travail du quinze septembre, l'administration, qui est apparue très légère sur ce dossier, tant en matière de conditions de travail que sur les aspects techniques, a ouvert le débat sur le régime indemnitaire des futurs opérateurs. Après avoir rappelé que les agents du centre d'appels pourront bénéficier du régime du temps partiel, le chef de projet a proposé le régime indemnitaire de direction plus la compensation des heures après vingt heures et de celles du samedi par une récupération équivalente à 0,2 fois le nombre d'heures effectuées dans ces créneaux. ( Par exemple, un agent présent le vendredi de 20H à 22H aura douze minutes de récupération horaire)

Jugeant cela notoirement insuffisant au regard de la pénibilité de ce type de travail, le SNUI a exigé et obtenu le régime suivant : - Les heures effectuées de 19H à 22H en semaine et celles du samedi seront récupérables à hauteur de 0,25 (1/4 d'heure par heure).

- Les cadres A et B bénéficieront du régime indemnitaire de direction (indemnités Spéciales de Sujétions) multiplié par deux, les cadres C verront leur montant d'heures supplémentaires doublés également.

En ce qui concerne le CHS, celui-ci sera convoqué et prendra en charge financièrement le suivi de l'expérience par un ergonome. Le SNUI a demandé que des visites médicales spécifiques soient organisées rapidement et périodiquement.

Après avoir rappelé son opposition au Centre d'Appels, la délégation du SNUI, renforcée par un militant de Nord-Lille, a dénoncé une énième fois la volonté de créer un besoin chez les contribuables sans répondre à leur souci premier qui est d'avoir comme interlocuteur l'agent responsable de leur dossier.

 

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