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Actualité Cholet
jeudi 12 juin 2008
Les agents des impôts
sont en colère
Mardi, ils ont bloqué l'entrée de l'hôtel des finances, rue du Planty. Ils
protestent contre la diminution des effectifs et la mobilité forcée.
Les Choletais ont rarement vu cela. Mardi matin, les agents des impôts ont
cessé le travail à 82 % ; dont 40 % pour les cadres. Ils ont même dressé un
piquet de grève et fermé les grilles de l'entrée de l'Hôtel des finances,
rue du Planty. La réaction de leur direction ne s'est pas fait attendre. La
police a été appelée à la rescousse pour dégager l'entrée de
l'administration.

À l'hôtel des impôts, les grévistes
ont fermé les grilles et se sont installés sur le trottoir.
Hier matin, à peine remis de cette journée mémorable, ils ont fait un
premier bilan et décidé d'attendre la réunion syndicale départementale de
vendredi pour « recadrer la suite de l'action ». Ils sont particulièrement
choqués par la réaction du pouvoir qui n'a pas hésité à faire appel aux
forces de l'ordre pour mater leur mouvement. Certes, le face à face avec les
policiers s'est déroulé sans incident, mais, symboliquement, cette
intervention va laisser des traces.
À l'origine de la grogne : la révision générale des politiques publiques
(RGPP) qui vise notamment à diminuer de façon drastique l'effectif des
fonctionnaires : 60 000 départs dans l'administration des impôts d'ici 2017.
Les agents exigent aussi le retrait du projet de loi sur la mobilité. Les
nouveaux textes prévoient que « chaque agent sera affecté dans son poste
dans le cadre d'une convention précisant notamment les missions et leurs
durées (trois à cinq ans)... » . En clair, il peut être contraint de changer
de métier puis mis en disponibilité s'il refuse trois affectations !
Renseignements sur le trottoir
Ajoutez à cela les crispations suscitées par le projet de fusion des impôts
et du trésor public et la coupe est pleine. « Les gens qui passaient devant
l'hôtel des impôts nous soutenaient, constate Jean-Marc Meignan, membre du
bureau départemental du syndicat national unitaire des impôts (SNUI 49). À
une exception près, il n'y a pas eu d'hostilité. Nous avons même donné des
renseignements aux contribuables qui venaient prendre des informations. Nous
n'avons renvoyé personne ».
Ce souci du service préoccupe d'ailleurs les agents qui craignent de ne plus
être assez nombreux pour satisfaire les besoins du public : « Les
informations qui sont délivrées gratuitement risquent de devenir payantes ».
Et puis, la « polycompétence » des agents des impôts a des limites. « Depuis
la réforme, les connaissances à assimiler ont augmenté de 50 % ». La taxe
professionnelle nécessite la maîtrise de quinze applications informatiques
différentes.
Ouest-France |