Lens

Une grève très suivie des agents des impôts perturbe le jour J des contribuables lensois
samedi 31.05.2008,PAR YVES PORTELLI


| SURPRISE |
Vendredi matin à Lens, devant l'hôtel des impôts, les salariés venus de plusieurs villes du département ont organisé un piquet de grève qui a surpris et perturbé les contribuables, nombreux à se déplacer pour apporter leur feuille d'imposition dans les délais.
8 heures. Devant l'hôtel des impôts, rue Louis-Amand à Lens, plusieurs contribuables lensois font le pied de grue devant les grilles. Ils veulent être les premiers à obtenir des renseignements avant de laisser leur feuille. La date limite est arrivée, il est plus que temps ! Ces jours-ci, 600 à 700 personnes sont venues quotidiennement pour remplir leur déclaration le hall du centre n'a pas désempli.
L'ouverture des portes est prévue dans trente minutes mais, de l'autre côté du bâtiment, rue Claude-Bernard, plusieurs dizaines d'agents des impôts ont prévu un programme différent. « On va bloquer l'entrée principale et manifester notre colère par rapport aux conséquences de la réforme des impôts » explique Patrice Stawski, secrétaire départemental du SNADGI-CGT (Syndicat national des agents de la direction générale des impôts).
Trois points essentiels mobilisent l'attention des organisations syndicales, y compris le SNUI (syndicat national unifié des impôts) : la perte progressive des emplois dans la profession, la crainte de la disparition d'un service public de proximité et les conséquences de la réforme en cours. Les grévistes estiment qu'il est encore temps de revenir sur la décision de regrouper en une seule entité Trésor et Impôts.
Jacques Carré ne partage pas ces craintes. Présent sur les lieux, le directeur départemental des services fiscaux soutient pour sa part que le mouvement n'a pas lieu d'être. « Les dispositifs, prévus dans le cadre de la fusion, sont particulièrement protecteurs c'est une habitude des "impôts" que de pratiquer de la sorte. Entre 2009 et 2011, terme de la réforme, tout se passera correctement. » Sur la centaine d'agents qui travaillent habituellement à Lens, une quinzaine a repris le travail une fois que les forces de police ont dégagé l'entrée, tout à fait en douceur, sur le coup de 10 h 50.
Ce mouvement, très suivi dans les rangs des fonctionnaires, est finalement la conséquence de craintes accumulées.
Sur place, les grévistes se souviennent en particulier des précédents conflits, en 1989, 1995 et 2000 mais ils estiment qu'aujourd'hui, leur intégrité de fonctionnaire est en jeu. « Nous ne sommes pas favorables aux clauses de mobilité qui sont prévues, qui pourraient nous entraîner à beaucoup bouger et même changer de métier le cas échéant » explique-t-on dans les rangs.
Des Audomarois venus soutenir le mouvement craignent aussi que des personnels non professionnels et intérimaires soient intégrés dans les processus en cours afin d'assurer une plus grande flexibilité. Tous estiment que les décisions prises au niveau de l'État peuvent être encore remises en cause. D'autres mouvements seront prévus la semaine prochaine, lundi notamment. Des assemblées générales doivent être tenues dans les différents hôtels des impôts du Pas-de-Calais avant le rendez-vous parisien du 10 juin prochain, point d'orgue de la grogne nationale. •