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Compte rendu des
travaux du 22ème Congrès du SNUI à Lille
(Décembre 1998)

Résolution N°1 : LE
CENTRE DES IMPOTS
Votée à
l'unanimité
Profondément restructuré ces dernières
années, le CDI est encore menacé par d'importants
bouleversements qui trouvent leur source à la fois dans le
schéma directeur informatique, dans les mesures de
simplifications déjà engagées et à venir
et plus largement dans les évolutions législatives,
ainsi que dans de multiples études et réflexions
(rapports Lallier et Roy, création éventuelle d'une
direction des grandes entreprises...).
Comme les autres services, le CDI sera jugé à l'aune du
rapport coût/rendement que la DG érige en principe
global de gestion. Ainsi si la mission d'assiette assurée par
le CDI n'est pas remise en cause, les effectifs, les structures et
l'organisation du travail sont eux appelés à
d'importantes évolutions.
- Un volume d'emplois à
renforcer
Le SNUI considère que les gains de temps et les
allégements de charge dus à l'outil informatique ne
sauraient entraîner des suppressions d'emplois. De ce point de
vue le chiffrage récent du gain supposé en emplois
suite aux mesures de simplification est particulièrement
critiquable.
Des gains de temps réalisés sur les opérations
de masse existent. Mais parallèlement plusieurs
éléments plaident pour un renforcement significatif des
emplois du CDI :
ó L'émergence de tâches liées
à l'informatisation elle-même (suivi des listings,
maintenance "micro").
ó L'existence dans chacun des pôles du CDI de
missions mal accomplies, voire abandonnées (accueil,
connaissance du terrain, CSP et programmation, BNC, BA, dossiers
importants...).
ó L'impossibilité de garantir, du seul fait de
l'outil informatique, l'exhaustivité de l'assiette et un
contrôle conforme aux exigences de la justice fiscale.
ó Le recours important et quasi permanent aux
auxiliaires et agents de mairie.
ó Le besoin de compenser l'absentéisme dû
à la formation professionnelle.
Au-delà, des emplois plus nombreux sont nécessaires
pour dépasser le cadre d'une gestion limitée à
la seule tenue des fichiers, à la seule rapidité de
l'émission accélérée et du traitement du
contentieux, au seul CSP facile ou de régularisation.
Le SNUI exige que l'impact de l'outil informatique sur les charges
du CDI fasse l'objet d'un vrai débat contradictoire. Si des
gains significatifs s'avéraient, ils devraient avant tout
être utilisés à un meilleur accomplissement des
missions.
- Des qualifications à
reconnaître
Le SNUI estime qu'en dépit d'un volant de tâches peu
qualifiantes (saisie), les agents C, B, A, ont aujourd'hui une
technicité plus grande et donc une meilleure qualification
qu'il y a quelques années.
Le SNUI considère que le glissement progressif et continu de
tâches du A vers le B, du B vers le C et la technicité
accrue du A méritent une reconnaissance financière.
Le SNUI estime que dans un cadre d'effectifs renforcé, un plan
de transformations de C en B et de B en A, avec comme corollaire le
dédoublement des cellules constitue une juste reconnaissance
des compétences acquises. Un tel plan pouvant avoir des
conséquences importantes sur la gestion des agents, le SNUI
s'engage à approfondir sa réflexion.
- Des structures de travail
valorisantes
Le SNUI considère que l'évolution de l'outil
informatique et les modifications législatives peuvent amener
des interrogations sur la pertinence de l'organisation actuelle.
Dans l'immédiat, le SNUI estime que l'importance des charges,
la diversité des tâches, la complexité de la
législation, l'impossibilité d'analyser l'impact
réel des différentes applications informatiques
nécessitent qu'il n'y ait aucune remise en cause :
ó de l'existence de trois "pôles" au sein du CDI
(IAD, inspec tions professionnelles, fiscalité
immobilière),
ó du partage actuel des attributions entre le CDI et les
autres services.
Àu fur et à mesure des évolutions
programmées, le SNUI s'attachera à
réfléchir à la meilleure organisation
structurelle, tant du point de vue de la qualité de la
mission, que de la situation des agents (intérêt des
tâches, emplois, formation,...).
Pour le SNUI, toute évolution devra notamment satisfaire aux
conditions suivantes :
ó une meilleure qualité et une plus grande
exhaustivité dans l'accomplissement des missions,
ó l'adéquation des emplois (en nombre et en
catégorie) aux charges réelles,
ó le maintien du maillage géographique
actuel,
ó l'absence de "méga-structures",
ó la formation des agents et la reconnaissance de leurs
qualifications.
Le SNUI combattra toute fusion / rapprochement qui conduirait
à dégrader l'exercice des missions et /ou qui serait
commandée par la recherche d'économies d'emplois.
Le SNUI considère que la généralisation de
l'informatique décloisonnée et
dématérialisée présente deux risques
majeurs en termes d'organisation du travail : les cellules
hyper-spécialisées "mono-tâches" ou au contraire
les cellules supposées omnicompétentes du fait des
fonctionnalités informatiques.
Le SNUI combattra l'une et l'autre de ces formules et défendra
les principes suivants en matière d'organisation du travail :
des cellules à taille humaine, la maîtrise d'une
chaîne de travail, la mobilisation du renseignement
interne, des charges gérables, une formation de haut niveau,
un suivi qualitatif de l'activité des services.
- Une ambition nouvelle pour les conditions
de travail
Le SNUI avec la FDSU a obtenu que le travail sur écran soit
la priorité du CHSM pendant l'année 1998. Il se
félicite de la formalisation prochaine de recommandations
globales sur ce sujet portant sur le mobilier, les logiciels,
l'environnement, l'organisation du travail, la santé des
agents.
Il déplore toutefois que cette avancée ne soit
intervenue qu'après le transfert d'une part importante des
travaux de saisie dans le CDI.
Le SNUI demande :
ó que ces recommandations ministérielles soient
largement portées à la connaissance des agents puis
donnent lieu à des discussions paritaires et professionnelles
en présence de l'inspecteur hygiène et
sécurité, du médecin de prévention, de
l'ACMO,
ó qu'un module ergonomie figure dans toutes les
formations aux applications et à la bureautique,
ó que les logiciels soient conçus en association
avec des utilisateurs,
ó que la surveillance médicale soit
renforcée.
Le SNUI demande par ailleurs une mise à plat de l'organisation
du travail afin que l'alternance des tâches soit
préservée en toute période. A défaut,
l'éventualité de pauses ne pourra pas être
écartée.
- Un mode d'encadrement et de
suivi des services entièrement
rénové
L'empilement hiérarchique, la dilution des
responsabilités, le manque de soutien technique nuisent
fortement aux relations professionnelles. Le SNUI exige donc
une révision en profondeur du mode d'encadrement des
CDI.Parallèlement, la logique de compétence doit
l'emporter sur celle du management. De même, la logique du bon
accomplissement des missions doit l'emporter sur celle des
performances individuelles. A cet égard, le SNUI combattra
toutes les possibilité de flicage de l'activité
individuelle contenues dans l'outil informatique (ILIAD IS module 2,
ALPAGE 2,...).
Enfin, la démarche DPA qui guide ou traduit nombre de
dérives dénoncées par le SNUI n'est pas
acceptable.
Au-delà de ces questions transversales, la charte
revendicative du SNUI se doit d'être précisée
pour chacune des cellules du CDI.
Les principales sources de conflit ou de tension dans les secteurs
sont aujourd'hui : les évolutions de missions (explosion de la
saisie en local, transfert de la TP ou réorientation du
CSP), la situation des charges, les impératifs
calendaires, le suivi de toute l'activité par des indicateurs
et des objectifs, le mode d'encadrement des services.
Pour l'essentiel, ces questions ont été ignorées
par la Direction Générale lors des discussions de ces
deux dernières années. Ainsi, par exemple, deux sujets
essentiels comme l'adéquation des emplois aux charges et la
clarification des doctrines d'emploi ont été
écartés du groupe de travail sur l'organisation des
tâches. Aussi, le revendicatif "classique" du SNUI demeure-t-il
toujours d'actualité :
ó état d'accomplissement des missions,
ó renforcement en effectifs si nécessaire,
ó dédoublement des secteurs les plus
chargés, suppression des cellules satellites, création
de véritables cellules de services communs,
ó clarification des doctrines d'emploi,
ó organisation du travail permettant un meilleur
étalement des tâches,
ó formation en continu.
Au-delà, il nous faudra combattre la mise en place de cellules
spécialisées pour répondre aux nouvelles
orientations du contrôle sur pièces. Il nous faudra
aussi être particulièrement attentifs aux
aménagements structurels censés permettre une meilleure
approche revenu / patrimoine.
Enfin, le SNUI se doit d'engager rapidement une réflexion sur
l'avenir des secteurs d'assiette dans un contexte de
dématérialisation croissante, de montée en
puissance d'Internet (téléchargement des
déclarations, réponses en lignes...), de
télédéclaration IR.
S'agissant du SGDP, son positionnement "naturel" dans le
pôle professionnel (sous certaines conditions notamment de
charges, de taille des inspections) conserve toute sa valeur. Par
ailleurs, l'arrivée massive et récente de la TP et la
diminution des charges habituelles de ce service (mesure de
simplification, transmission télématique des
informations du centre de formalité des entreprises,
disparition éventuelle de la saisie et des relances des
déclarations TVA créditrices ou néant), ne doit
pas donner lieu au glissement de la mission TP du cadre B vers
le cadre C.
Enfin, en cas d'intégration du SGDP dans les fiscalités
il faudra repenser les attributions et le positionnement de l'ex B
Div d'ORDOC.
- Les Inspections Professionnelles
Le SNUI rappelle son opposition aux IFP, structures dont
l'échec est désormais avéré (charges
difficilement gérables, gestion limitée à des
opérations de masse, abandon des BNC et des BA,
programmation et CSP déficients...).
Le SNUI exige :
ó la division des cellules les plus chargées
ó l'implantation de A gestionnaires,
ó le maintien ou la réimplantation de FP
partout,
ó l'attribution d'un portefeuille de dossiers à
l'inspecteur
ó la clarification des doctrines d'emplois du A et du B.
Le SNUI considère que la séparation
gestion/vérification demeure l'idéal pour une
réelle valorisation de la gestion. Toutefois, compte tenu de
la vision réductrice de l'administration en matière de
gestion, compte tenu également de sa volonté de faire
de l'inspecteur un manager et de transférer aux
contrôleurs certaines opérations de contrôle
externe, le SNUI estime opportun dans l'immédiat de conserver
à l'inspecteur un volant de contrôle externe.
Le SNUI estime que le transfert de la TP (notamment avec
l'arrivée de BDRP) ne peut se faire qu'à condition que
la charge soit quantifiée, qu'un renfort en emplois soit
apporté, que la cellule demeure à taille humaine. Ce
transfert ne doit pas donner lieu à un glissement de la
tâche TP du B vers le C.
Par ailleurs, le SNUI s'oppose à la concentration de la
gestion des grandes entreprises dans une direction nationale.
Enfin le SNUI engagera une réflexion sur l'avenir des
inspections professionnelles dans un contexte de
dématérialisation croissante, de
montée en puissance du téléchargement et
de la télédéclaration. D'ores et
déjà il affirme que la large automatisation de la
gestion de base ne doit pas servir de prétexte à la
suppression de postes d'inspecteurs gestionnaires.
- Les Inspections de fiscalité
immobilière
Le SNUI estime nécessaire le maintien dans les CDI de
fiscalités immobilières de gestion encadrées par
un inspecteur. Il condamne la mise en place de FI étendues
à plusieurs CDI, voire à plusieurs résidences.
Il condamne également "l'absorption" de brigades FI par des
brigades VG au détriment du contrôle du patrimoine et
des droits d'enregistrement.
Compte tenu de la spécificité de la matière FI
et de l'état des charges, aussi bien des inspections
professionnelles que des secteurs d'assiette, le SNUI
considère qu'aucune redistribution de missions ne doit
intervenir.
En revanche, le SNUI engagera rapidement une réflexion sur
l'avenir de la fiscalité immobilière au regard non
seulement des nouveaux outils informatiques mais aussi des
orientations en matière de contrôle fiscal
(contrôles conjoints, programmations d'ESFP, rapprochement
revenu patrimoine).
Les évolutions technologiques et administratives qui
vont percuter le CDI commandent que le SNUI mène une analyse
d'ensemble et bâtisse une charte revendicative ambitieuse gage
de notre capacité à convaincre et à agir.

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