Proprios demandent taxe foncière en baisse
 

Opération vérité sur la facture fiscale des propriétaires. Selon l'Observatoire des taxes foncières lancé hier par l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi), cet impôt a augmenté de 71,5 % en dix ans pour atteindre 20 milliards d'euros, alors que l'inflation ne représentait que 17 % sur la même période. « Le fisc communique l'évolution des taux sans prendre en compte la hausse de la base de calcul [c'est-à-dire la valeur locative du bien, revalorisée au niveau national par le Parlement chaque année]. Nos chiffres, fondés sur deux cents avis d'imposition de nos adhérents, montrent qu'il y a eu une évolution exponentielle lorsque cette hausse est réintégrée », a dénoncé Lionel Aldeguer, juriste fiscaliste à l'Unpi.

Refusant de commenter l'étude, la direction générale des impôts a confirmé hier qu'elle ne faisait pas d'« analyse fiscale ». Mais la démarche de l'Unpi a été applaudie par le Syndicat national unifié des impôts (Snui). « Nous dénonçons depuis longtemps la part grandissante des impôts locaux dans le budget des ménages », a déclaré Serge Colin, secrétaire général.

La taxe foncière, qui ne prend pas en compte les revenus des contribuables, peut varier fortement. Elle est composée de trois parts : régionale, départementale et municipale, et chaque collectivité fixe son taux librement chaque année. Les disparités sont donc inévitables. En dix ans, l'addition à Châlons-en-Champagne (Marne) a ainsi bondi de 78 %, contre 7 % à Caen (Calvados), selon l'Unpi.

Chaque année, cet Observatoire sera un outil pour « lutter contre une fiscalité lourde et abusive », a estimé Jean Perrin, président de l'Unpi. « Encore faudrait-il prendre en compte les écarts entre les valeurs locatives, et pas la seule revalorisation annuelle », a nuancé le Snui. C'est sur la valeur locative que sont appliqués les trois taux locaux, l'ensemble formant la taxe foncière. Or en plus de l'augmentation nationale annuelle, cette base est régulièrement revue au cas par cas par le fisc, et de manière très inégale. « Il y a là des injustices majeures, estime le Snui. On a vu des logements augmentés de 100 % après une rénovation, alors que d'autres ne l'étaient pas dans le même cas ! »

A. Benoit