|
Déclaration de revenus 2006 : Bercy prépare
de nouvelles innovations [ 08/06/06 ]
Jean-François Copé souhaite préremplir
les revenus de capitaux mobiliers. Une validation de la
déclaration par téléphone ou coupon-réponse est envisagée. Bercy
multiplie les expérimentations pour créer un guichet fiscal
unique.
La campagne de déclaration des revenus
2005 n'est pas encore terminée que Bercy songe déjà à l'année
prochaine. Alors que 3,53 millions de foyers fiscaux ont déjà choisi
de déclarer leurs revenus sur Internet et que le ministre délégué au
Budget a « l'intuition » que le taux de correction des
revenus sur les déclarations préremplies sera « comparable »
à celui enregistré l'an dernier lors de l'expérimentation en
Ille-et-Vilaine (« Les Echos » du 4 mai), Jean-François Copé a
annoncé que l'identification des contribuables serait améliorée et
que les revenus des personnes payées avec les chèques emploi-service
seront préremplis dans la déclaration de revenus 2006.
Surtout, Bercy travaille en ce moment avec les banques pour que les
« principaux » revenus de capitaux mobiliers soient
préremplis dès l'année prochaine ou au plus tard en 2008. Enfin,
dans les cas - très minoritaires - où le contribuable n'aura aucune
correction à ajouter à sa déclaration, un système « ultra
simplifié » de validation, par coupon-réponse ou par téléphone,
pourrait être mis en place.
« Un seul interlocuteur »
Au-delà de la déclaration de revenus, le
ministère de l'Economie et des Finances multiplie en ce moment les
expérimentations pour mettre en place un guichet fiscal unique, qui
devrait concerner une première vague de sept millions de foyers
fiscaux (soit un sur cinq) à la fin de l'année. « Que ce soit au
guichet, au téléphone ou par Internet, on aura désormais un seul
interlocuteur pour accueillir, guider et permettre de faire
l'essentiel des démarches fiscales sur un seul lieu », a indiqué
Jean-François Copé. Quand la fusion immobilière, déjà lancée, des
centres des impôts (qui établissent l'impôt) et des trésoreries (qui
le recouvrent), appelés à devenir des « hôtels des finances », sera
difficile, chaque site pourra effectuer l'essentiel des démarches
dévolues à l'autre. Deux cents sites répartis dans douze
départements (Bouches-du-Rhône, Finistère, Haute-Garonne, Indre,
Moselle, Paris, Pas-de-Calais, Saône-et-Loire, Savoie,
Seine-et-Marne, Seine-Maritime et Vienne) expérimentent actuellement
la mise en place de ces « accueils finances ».
Bercy a par ailleurs lancé, au mois d'avril, dans le département de
l'Ain, une ligne téléphonique unique pour « traiter certaines
démarches courantes, sans demander au contribuable d'écrire ou de se
déplacer ».
Développement de la polyvalence
Enfin, les contribuables de l'Essonne,
du Loiret et de la Meurthe-et-Moselle expérimenteront à la rentrée
un formulaire sur Internet pour effectuer leurs demandes courantes
(délais de paiement, réclamations...). « La culture de
l'expérimentation est en oeuvre depuis plusieurs années, mais elle a
toujours été mise en place pour être généralisée selon les préceptes
de l'administration, sans réel dialogue social », critique
Vincent Drezet, secrétaire national du
Syndicat national unifié des impôts (Snui). « Les seules
cohérences que l'on peut voir, c'est un développement de la
polyvalence des agents au moment où les effectifs sont fortement
réduits. » Alors que les différentes réformes ont déjà permis de
baisser le coût de gestion de l'impôt de 10 % depuis 2002, Bercy
souhaite faire monter ce taux à 15 % d'ici à quelques années.
|