Le Syndicat national unifié des impôts
(SNUI) a estimé jeudi que
l'augmentation du nombre de contrôles fiscaux en 2005 résultait
d'une pression accrue sur les agents, contraints d'accélérer les
procédures au détriment d'une analyse approfondie des fraudes.
Selon le
SNUI (premier syndicat du secteur), les
résultats globaux du contrôle fiscal (soit le total des droits et
des pénalités) sont en augmentation en 2005, à 9,62 milliards
d'euros contre 9,09 milliards d'euros en 2004.
Par
ailleurs, le nombre de vérifications de comptabilité a augmenté en
volume: 52.226 en 2005 contre 51.964 en 2004, soit une progression
de 0,5 %.
Cependant, le montant des droits nets - c'est-à-dire les rappels de
l'impôt impayé - baisse de 1,2%, passant de 6,94 milliards d'euros
en 2004 à 6,86 milliards en 2005.
Pour le
SNUI, "l'augmentation affichée du
nombre d'affaires s'explique essentiellement par la pression exercée
sur les délais des procédures, les vérificateurs étant de plus en
plus pressés de clôturer rapidement leurs opérations de contrôle".
La baisse
du nombre de rappels de l'impôt impayé reflète le manque de temps
dont disposent les agents, a indiqué à l'AFP
Vincent Drezet, responsable du syndicat, pour lequel "les
agents n'ont pas le temps d'approfondir les contrôles" et de suivre
correctement les affaires.
"L'administration fiscale n'est pas assez armée pour lutter contre
les diverses formes de fraudes", estime par ailleurs le
SNUI.
Pour ce
syndicat, "la liberté et la facilité croissantes en matière de
circulation des capitaux, (...) l'importance du blanchiment, les
suppressions d'emplois d'une ampleur inégalée ou encore
l'amoncellement de restructurations, constituent autant de facteurs
qui perturbent la bonne gestion de l'impôt".