Le
syndicat national unifié des impôts (Snui, majoritaire) craint que
l'annonce par Jacques Chirac d'une cotisation sociale basée
partiellement sur la valeur ajoutée des entreprises ne se transforme
en "occasion manquée", vendredi dans un communiqué.
Comme une
bonne partie des syndicats, le Snui est favorable à un tel
élargissement de l'assiette des cotisations patronales servant à
financer la protection sociale, qui ne reposent actuellement que sur
les salaires.
"Attention à l'occasion manquée," avertit toutefois le syndicat, qui
regrette que le projet annoncé par le président de la République "ne
remette aucunement en cause les tendances lourdes actuelles" en
matière de financement de la Sécurité sociale.
Il cite
"le recul des solidarités en matière de protection sociale
(déremboursement, franchise), les allègements de cotisations
sociales prises en charge partiellement par l'Etat" ou "le transfert
de charges sur les ménages (hausse de la CSG)".
Par
ailleurs, "la question fondamentale, malheureusement laissée en
suspens, est de savoir si une véritable redistribution va s'opérer
entre les entreprises, ou s'il s'agit d'une retouche à la marge, à
l'image de la +non réforme+ de la taxe professionnelle", s'inquiète
le Snui.
Pour le
syndicat, "on aboutirait alors à un financement bancal, inachevé,
inutilement complexe et dépourvu de vision d'ensemble du système de
protection sociale, des besoins sociaux à satisfaire et du mode de
financement".