La déclaration de
revenus préremplie, sur laquelle le gouvernement lance mardi
une campagne d'information nationale, est "un triple pari" et
un "triple risque", à la fois "politique", "technique" et
social", a affirmé lundi le Syndicat
national unifié des impôts (SNUI,
premier syndicat du secteur).
La déclaration de
revenus préremplie, que l'ensemble des Français recevront à
partir de cette année en mai, a été expérimentée auprès de
480.000 foyers d'Ille-et-Vilaine en 2005. Au total près de 29
millions de foyers fiscaux, sur 34,5 millions, recevront cette
année une déclaration comportant au moins un revenu prérempli.
Au travers de la
déclaration préremplie, "c'est l'image de l'administration qui
est en jeu", affirme le SNUI
dans un communiqué. "L'effet d'affichage de la déclaration
préremplie et le nombre de contribuables qu'elle concerne en
fait un pari autrement plus risqué que le transfert de la
redevance audiovisuelle et la mise en place de la relance
amiable."
Par ailleurs, le
SNUI souligne que la
déclaration préremplie "impose un traitement préalable de près
de 100 millions de données entre janvier et mars 2006", ce qui
"suppose notamment, de la part des employeurs et plus
généralement des +tiers déclarants+ (caisse de retraite,
d'assurance maladie), la transmission rapide de données
exactes".
Enfin, la nouvelle
déclaration "modifie l'organisation du travail dans les
services qui gèrent l'impôt sur le revenu et la taxe
d'habitation", poursuit le syndicat.
"Les craintes sont
grandes dans les services de devoir travailler encore plus
dans l'urgence et davantage sous pression", ajoute-t-il. La
tension sociale est déjà très forte à la Direction générale
des impôts: la déclaration de revenus préremplie vient s'y
ajouter".