Déclaration de revenus : le mea culpa de Bercy

Bercy a reconnu, hier, l'existence d'erreurs dans les déclarations de revenus préremplies. Tout en précisant qu'elles restaient relativement rares. Nos conseils pour ne pas en être victime.
LA DIRECTION générale des impôts (DGI) est passée hier aux aveux. Son directeur général, Bruno Parent, a estimé qu'il y avait bien des déclarations de revenus préremplies grossièrement erronées mais il a apporté, immédiatement, un bémol en précisant qu'elles ne concernaient que « plusieurs milliers de salariés » sur près de 30 millions de foyers ayant reçu une telle déclaration. Le ministre du Budget, Jean François Copé, a, lui aussi, reconnu que le système de déclaration préremplie (DPR) pouvait connaître « des couacs et des bugs ». Deux salariés de la compagnie de ferries Seafrance (voir « le Parisien » et « Aujourd'hui en France » du 29 avril) avaient notamment eu une mauvaise surprise en recevant leur DPR : 10 millions de revenus pour l'un, 8 millions pour l'autre.
Les demandes d'explications seront nombreuses cette année
D'autres types de bugs ont mis à mal cette réforme « de grande ampleur ». Sur certaines DPR le revenu n'est pas mentionné, notamment parce que les informations provenant de tiers déclarants (entreprises, organismes sociaux, etc.) n'ont pas été transmises à l'administration fiscale. Par ailleurs, les incidents concernent souvent les régimes fiscaux particuliers (apprentis, assistantes maternelles, marins pêcheurs) et les salariés qui ont changé d'employeurs dans l'année. Enfin, 25 000 déclarations ont été mal imprimées et les revenus n'étaient pas lisibles. De nouvelles DPR leur ont été renvoyées accompagnées d'une lettre d'excuse. Si le gouvernement reconnaît des erreurs, il a tenu à contester certains chiffres avancés ici et là. Une expérimentation de la déclaration préremplie menée l'an dernier dans le département d'Ille-et-Vilaine avait montré que 87 % des déclarations avaient des montants tout à fait corrects. « Le taux de 13 % de correction ne peut pas être extrapolé à l'ensemble des départements cette année, a reconnu Bruno Parent. Mais le chiffre qui circule, prévoyant 24 % d'erreurs, n'a aucune pertinence technique. »
Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) conteste quant à lui l'expérience d'Ille-et-Vilaine. « Les chiffres d'Ille-et-Vilaine ne correspondent pas à la réalité du pays, dénonce le Snui. Le service fiscal et le tissu fiscal sont très différents. » Le Snui cite ainsi le cas des salariés qui ont plusieurs employeurs dans l'année, une donnée qui rend, selon lui, les extrapolations spécieuses. « En Ile-de-France, le turnover est plus important que dans ce département », précise le syndicat. En revanche, le Snui et la DGI sont d'accord sur un point : les demandes d'explications seront nombreuses cette année. Bruno Parent a rappelé « l'extrême mobilisation des agents » pour répondre aux inquiétudes et trouver des solutions en cas d'erreurs (NDLR : voir encadré). Les lignes des centres nationaux d'appel étant souvent saturées, le directeur de la DGI a rappelé que de nombreuses informations sont disponibles sur Internet. Le service de déclaration des revenus en ligne est en effet opérationnel depuis hier. Fort de son succès, il avait connu, lui aussi, des bugs l'année passée...