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Déclaration de revenus
préremplie : Bercy justifie les erreurs recensées [ 04/05/06 ]
Alors qu'un
foyer fiscal sur deux doit encore recevoir sa déclaration de revenus
2005, de nombreux cas d'erreurs ont déjà été recensés. La Direction
général des impôts a listé hier les cas possibles de
dysfonctionnements, pour « lever les quiproquos ».
Soucieux de ne
pas voir s'étendre la recension des dysfonctionnements de la
déclaration de revenus préremplie, le ministère du Budget a lancé,
hier, une opération de déminage. La Direction générale des impôts a
organisé au ministère des Finances, dans l'urgence, une conférence
de presse imprévue pour « lever les quiproquos ». Et le
ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, a entamé à Toulouse
une série de sept visites en province à la rencontre des
contribuables.

Alors qu'un
foyer fiscal sur deux doit encore recevoir, ces prochains jours, sa
déclaration de revenus, les exemples d'erreurs ou d'aberrations sont
déjà nombreux. Après le cas d'employés de Seafrance, qui ont vu
leurs revenus culminer à plusieurs millions d'euros, le
Syndicat national unifié des impôts (SNUI)
a, par exemple, été alerté du cas de retraités des
Pyrénées-Atlantiques, dépendant de la même caisse de retraite, mais
dont l'un des conjoints n'a pas trouvé ses revenus préremplis, et de
celui d'agents de la Ville de Paris dont les revenus ont été
inscrits dans une mauvaise case, les privant potentiellement de
prime pour l'emploi.
« Avons-nous
dit que ce système serait parfait ? Il ne peut pas l'être »,
a répondu hier le directeur général des impôts, Bruno Parent, qui a
classé en trois cas principaux les erreurs constatées : lorsque les
revenus censés être préremplis ne le sont pas, il s'agit soit de
l'impossibilité pour l'administration de le rattacher de manière
certaine à un foyer fiscal, soit de la transmission trop tardive de
l'information par l'un des deux millions de tiers déclarants
(employeurs, organismes sociaux et caisses de retraite). C'est le
cas, par exemple, du Conseil général des Hauts-de-Seine. Dans
d'autres cas, c'est le régime fiscal particulier dont bénéficient
certaines professions (journalistes, apprentis, assistantes
maternelles...) qui explique un chiffre incomplet. Certains revenus
salariaux, comme les droits d'auteur ou les revenus des enfants
majeurs rattachés au foyer fiscal de leurs parents (qui peuvent
chaque année décider de prendre leur indépendance) ne sont pas, non
plus, préremplis. Enfin, de manière « totalement marginale »,
« une poignée » de tiers déclarants « ont commis des
erreurs que nous avons imprimées », a indiqué Bruno Parent.
« Instant de vérité »
« Ce discours
risque de mal passer auprès des entreprises qui se sont vu imposer
une nouvelle gestion cette année »,
estime Vincent Drezet,
secrétaire
national du SNUI, qui évoque par
ailleurs le cas d'impression défectueuse de déclarations portant sur
25.000 contribuables isérois. « Cela aurait pu arriver avant la
déclaration préremplie, mais les délais, très courts, expliquent en
partie ces problèmes », juge-t-il.
Alors qu'une
simulation « en chambre » avait abouti à un taux d'exactitude
des déclarations de 76 % à l'échelle nationale, soit 8 millions de
déclarations potentiellement à revoir, Bruno Parent a jugé, hier,
que « ce chiffre n'a aucune pertinence technique »,
expliquant que la simulation dans le département test
d'Ille-et-Vilaine l'an dernier aboutissait à ce même taux, contre
celui de 87 % effectivement constaté. « Je ne prétends pas que ce
taux sera reproductible dans tous les autres départements. Mais le
seul instant de vérité, c'est de passer à la réalité de terrain. »
En attendant un bilan qui ne pourra être dressé avant la fin de
l'année, l'administration a rappelé qu'il convient de rectifier
soi-même les éventuelles erreurs.
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