
Un sacré bémol à la nouvelle formule
Denis Turbet-Delof, secrétaire départemental
du Snui, avec Christine Raynaud.
« Ce n'est en aucune façon une mesure de simplification. » Voilà des
propos qui tranchent lors de la campagne sur la déclaration
préremplie. « Depuis mardi, les services sont abreuvés de coups de
fils de contribuables qui constatent que les chiffres préremplis
sont erronés. Certains constatent même un doublement de leur salaire
à déclarer ! »
Denis Turbet-Delof, secrétaire
départemental du Syndicat national unifié des impôts (Snui), est
amer. Et inquiet des incidences du dispositif pour les agents, qui
fourniront la même somme de travail, en deux fois moins de temps, et
en période de vacances. « Avant, le contribuable recevait la
déclaration en février. Désormais, c'est à peine sur deux mois que
les agents des impôts vont devoir gommer les carences de
l'administration, comme ils l'ont fait l'an passé lors de la relance
amiable et la redevance télévisée. » Les carences de
l'administration ? « Sur les déclarations, apparaît le montant connu
des salaires, pensions et autres allocations. Pour 90 % des
contribuables, il faudra rajouter tous les autres revenus ou charges
ou frais réels qui ne sont pas pris en compte. »
Le secrétaire départemental du Snui
s'appuie sur l'expérimentation faite l'an dernier en
Ille-et-Vilaine. « Seulement 10 % des déclarations n'ont fait
l'objet d'aucun rajout. Il aurait fallu plutôt analyser sur une
année entière. Au final, il y a eu 20 % de contentieux
supplémentaires à régler. »
Selon Denis Turbet-Delof, le but avoué
du gouvernement, c'est de réduire les effectifs à la Direction
générale des impôts. Cette année, il y a sept suppressions d'agents
dans le département. Aujourd'hui, les collègues des autres services
sont invités à venir aider les agents de secteur d'assiette. Pour
que cette campagne porte ses fruits ! Les autres missions des impôts
sont du coup en suspens. »
Le syndicaliste estime que la télédéclaration est profondément
injuste. « Il y a une inégalité par rapport au traitement de
l'impôt. Ceux qui ont les moyens d'avoir un ordinateur ont un délai
supplémentaire et une réduction d'impôt de 20 € ».
Il appelle les contribuables « à la plus grande vigilance. Il ne
faut pas dénaturer l'impôt citoyen. Nous traitons de la vie intime
des gens à travers les revenus. Les contribuables doivent
revendiquer le droit de voir les agents des impôts, quitte à créer
des queues d'attentes. »
Loïc TISSOT.
Journal Ouest-France du vendredi 28 avril 2006
Edition : Vendee - Rubriques : Départementale |
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