Le
ministre délégué au Budget Jean-François Copé a annoncé hier à
l'Assemblée que plusieurs articles du collectif budgétaire de 2006
comporteront des mesures visant à « être plus sévère »
vis-à-vis des entreprises qui pratiquent la fraude « carrousel » à
la TVA aussi appelée fraude tournante.
Particulièrement complexe, cette fraude porte sur les échanges
entre plusieurs entreprises installées dans différents pays de
l'Union européenne. Elle s'est beaucoup développée ces dernières
années. Car les motivations des entreprises n'ont pas toutes le
même objectif. Certaines cherchent évidemment à empocher la TVA au
lieu de la redonner au fisc. Mais il y a aussi toutes ces
entreprises qui utilisent ce mécanisme pour faire baisser les prix
sur les marchés et, ainsi, être plus compétitives. La Commission
européenne estime que cette fraude peut représenter dans certains
États membres jusqu'à 10 % des recettes nettes de TVA. Selon le
SNUI, le préjudice serait de
5 milliards pour la France. « Attention, souligne un
expert, au final, ce sont les consommateurs qui bénéficient
directement de ces fraudes carrousel en achetant les produits
moins chers ».
La
fraude carrousel est très difficile à prouver. D'autant que la
Cour de justice européenne a récemment indiqué que
l'administration fiscale devait apporter la preuve que les
entreprises parties prenantes étaient effectivement au courant du
montage frauduleux. Dans ce contexte, « il n'est pas
exclu que Bercy cherche à renforcer les moyens de la direction
générale des impôts afin de permettre à celle-ci de bénéficier de
nouveaux moyens », poursuit l'expert. Le collectif budgétaire
devrait être présenté le 15 novembre.
AN. R.