Thierry Breton dit vouloir mettre en place la retenue à la source.
Annoncée hier, (voir les Échos), la réforme serait mise en oeuvre à partir
du 1er janvier 2009, a indiqué le ministre des Finances. L’hôte de Bercy a
même promis une année blanche en 2008, les contribuables ne paieraient
donc pas d’impôt sur le revenu cette année-là. Ils « acquitteront en 2008
l’impôt sur leurs revenus de 2007 et, dès janvier 2009, celui sur leurs
revenus de l’année en cours », a indiqué le ministre. Pour le PS, qui a
lui-même inscrit dans son programme le prélèvement de l’impôt sur le
revenu à la source, c’est-à-dire directement par l’entreprise sur la
feuille de salaire, il s’agit d’un « formidable mensonge » de la part de
Thierry Breton.
« Une monstruosité fiscale »
Pour Julien Dray, porte-parole du PS, « cet artifice [...] est quand même
une monstruosité fiscale comme on en avait rarement vu ». François
Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a estimé que le
prélèvement à la source n’est qu’« une technique » et que « ce qui compte,
c’est faire un impôt juste ». Jean-Marc Durand, du PCF, réfute cette idée.
« C’est tout autre chose qu’un simple gadget technique, indique-t-il.
Contrairement à l’affirmation du Parti socialiste, tous les revenus ne
seraient pas concernés. Seuls les revenus salariaux pourront être soumis à
ce type de prélèvement, les revenus financiers, par exemple, en étant
exclus. » De manière générale, le responsable du PCF estime que la retenue
à la source introduirait « une sorte de distanciation supplémentaire entre
le citoyen et l’impôt » en permettant de faire évoluer « le poids et le
contenu des prélèvements sur les ménages de façon « plus indolore ».
Concernant la mise en place de la réforme, Thierry Breton a précisé que
des consultations seraient menées en février et mars en direction des
entreprises et des partenaires sociaux. Un rapport sera remis à Bercy fin
février, début mars, et la réforme devrait être prête avant la
présidentielle de 2007.
les
syndicats
plutôt hostiles
Côté syndical, les réactions sont plutôt hostiles. « À travers la mise en
place de la retenue à la source, dont nous apprenons aujourd’hui que le
ministre y pensait dès son arrivée », l’objectif de Thierry Breton « est
de poursuivre les suppressions d’emplois à Bercy, après les plus de 10 000
déjà effectuées ces dernières années », a déclaré FO finances.
« Voudrait-on volontairement détériorer encore un peu plus le contexte
social au sein du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie
qu'on ne s’y prendrait pas autrement », lâche le
SNUI. « Le dossier sort par voie de presse mais il n’y a jamais eu
de concertation avec les syndicats », observe Didier Marguery, de la
fédération CGT finances. « Ce projet soulève des inquiétudes quant au
devenir de la progressivité de l’impôt et par rapport à la confidentialité
des informations dont va disposer l’entreprise sur ses propres salariés »,
note-t-il. Sébastien Ganet