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"Pas plus ou
moins d'impôts, mais mieux d'impôts"
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En quoi l'installation en Suisse ou en
Belgique (on se souvient que Johnny Hallyday avait demandé la nationalité
belge en novembre 2005) est-elle avantageuse, d'un point du vue fiscal ?
- Déjà, en Suisse, il n'y a pas d'impôt sur la
fortune. Il y a aussi moins d'impôts sur le revenu, et sans doute moins
d'impôt lors de transmissions de patrimoine. C'est aussi une destination
privilégiée pour sa stabilité et sa tradition de gestion discrète des
fortunes. La Belgique est généralement choisie par des dirigeants
d'entreprises françaises qui veulent vendre leur entreprise, et émigrent
plutôt de manière "définitive" afin d'échapper aux plu values et à l'ISF
qui ne manquerait pas d'être imposé au capital ainsi constitué. |
On a dit aussi, à l'époque dont vous parlez,
que si l'on veut s'installer à Monaco, il est plus avantageux d'avoir la
nationalité belge que française. Tout simplement parce que si vous êtes
citoyen français, en vivant à Monaco, vous serez soumis à la fiscalité
française, alors que si vous êtes Belge, ce seront les impôts belges,
moins importants, dont vous devrez vous acquitter.
Toutefois, je ne fais là que rapporter des
informations qui circulaient beaucoup à ce moment-là, le SNUI ne préjuge d'absolument rien en la
matière concernant Johnny Hallyday.
Ce phénomène d'immigration fiscale est-il
important ?
- Il concerne environ 350 fortunes soumises à
l'ISF par an. Sur 400.000. Ce phénomène est très vite mis en avant par
ceux qui veulent porter l'estocade au système fiscal français. Chaque fois
qu'une grande fortune un tant soit peu médiatique quitte la France, ils
accusent l'impôt.
Il faut rappeler que nous avons la liberté de
circulation, ISF ou non. Les problèmes se placent surtout en terme de
citoyenneté. On note aussi que ceux qui quittent la France peuvent le
faire pour d'autre raisons. On peut par exemple préférer vivre au
Royaume-Uni, par souci de mobilité professionnelle.
Un autre phénomène étrangement nettement moins
médiatisé, et qui malheureusement n'est pas chiffré, c'est le phénomène
inverse. Et oui, il y a bien des gens qui viennent s'installer en France,
et d'autres qui l'avaient auparavant quittée qui reviennent! Il y a des
gens qui viennent vivre en France justement pour son système fiscal, et la
qualité de la protection sociale qu'il permet.
Bref, c'est un procès qui est toujours mené
par les mêmes : ceux qui veulent casser le système de l'impôt juste.
Où se situe la fiscalité française par rapport
aux autres pays européens ?
- Encore un chiffre trop méconnu : la
fiscalité directe en France est la plus faible d'Europe. L'impôt sur le
revenu ne représente que 16% des recettes fiscales. La TVA, quant à elle,
représente 51% des recettes fiscales, et c'est un impôt que tout le monde
paie de manière identique, il est injuste par nature.
On entend souvent dire qu'il y a trop d'impôts
et trop de charges sociales en France, mais ce qu'on oublie, c'est que le
coût du travail reste comparable. De plus, il faut considérer tous les
avantages que la fiscalité française apporte par comparaison à d'autres
pays. Un système de protection sociale publique, par exemple, quand dans
d'autres pays ce type de protection est privé. Il ne faut pas oublier non
plus que les services publics font marcher l'économie. Les infrastructures
très développées (productivité), l'enseignement public de qualité (qualité
des formations), le système de santé public (salariés en bonne santé)
efficace est un pur bénéfice pour les français, et de fait bon pour
l'activité et la croissance.
Ce facteur de cohésion sociale est aussi
important pour les investisseurs, qui sont plus attirés par un
environnement stable, et pour ceux qui voudraient, à l'inverse de Johnny
Hallyday, venir ou revenir en France
Pour finir, on peut dire qu'il ne faut ni plus
ni moins d'impôts, mais mieux d'impôts.
Propos recueillis par Paul-Aimé Drouhin
(le vendredi 15 décembre 2006)
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