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Après le "Serpent Fiscal" le dernier livre du Snui :
 "Quels impôts demain"

 

 

... A suivre sur 20minutes.fr, une interview de Christine Bugna, secrétaire nationale du SNUI, principal syndicat des impôts...

 

«Il devient de plus en plus difficile de lutter contre la fraude fiscale»
20Minutes.fr | 20.02.07 | 13h18
Etes-vous impressionnée par les chiffres avancés par le Conseil des prélèvements obligatoires ?
Non, pas vraiment. Depuis des années, le Snui s’est penché sur la fraude fiscale. En 97, nous l’estimions à 34 milliards d’euros, plus récemment, entre 40 et 45 milliards, uniquement pour la fraude fiscale. Les chiffres avancés dans le rapport (de 29 à 40 milliards d’euros) sont sans doute une hypothèse basse, mais je suis très contente que ce débat puisse être porté sur la place publique. Nous tirons depuis longtemps la sonnette d’alarme. Le chiffre avancé par le rapport correspond à peu près au déficit budgétaire (36,5 milliards d’euros l’année dernière), c’est autant de recettes en moins dans les caisses de l’Etat, et qui ne sont pas redistribuées.

Les solutions proposées dans le rapport vous paraissent-elles efficaces ?
Oui, il faut développer tout ce qui permet une coopération sans limites avec les douanes, l’inspection du travail… Il devient de plus en plus difficile de lutter sur le terrain contre la fraude fiscale car chaque administration se restructure et perd ses contacts de terrain. Il faut aussi renforcer les contacts directs entre les agents du Fisc français et étrangers. Nous préconisons un droit de suite européen : il ne faut plus que l’agent français soit bloqué à une frontière qui d’ailleurs n’existe plus.

Est-on tous égaux devant la fraude ?
Il y a bien sur des secteurs «à risque» : il y a beaucoup de travail clandestin dans tout ce qui est restauration, bâtiment, toutes les activités à haute intensité de main d’œuvre. On remarque aussi que les fraudes s’internationalisent. Enfin la TVA est le poste le plus important de fraude. C’est aussi le plus injuste, car la TVA fraudée par les entreprises ne leur appartient pas : elle est payée par le consommateur final et l’entreprise doit la reverser.

Propos recueillis par Pierre Koetschet