PARIS (AFP) - Le gouvernement devrait supprimer "entre 2.500
et 3.000" postes aux Finances en 2008, soit l'objectif prévu
dans les contrats pluriannuels de performance signés en 2006,
a-t-on appris vendredi de sources syndicales.
"Nous avons
interrogé Eric Woerth (ministre du Budget) sur les effectifs
et il s'en est tenu aux contrats pluriannuels de performance"
signés notamment avec la Direction générale des impôts (DGI)
et la Direction de la comptabilité publique (DGCP), a indiqué
à l'AFP Laurent Gathier, secrétaire général du Snui-FDSU, à
l'issue d'une rencontre avec le ministre.
M. Woerth a
également reçu la CGT-Finances, FO-Trésor et la CFDT-Finances.
Couvrant une
période de trois ans (2006-2008), ces contrats prévoient, pour
2008, "entre 2.500 et 3.000" suppressions de postes aux
finances, dont 1.370 à la DGI et 970 à la DGCP, a précisé le
responsable syndical.
M. Woerth
"s'inscrit dans la logique gouvernementale du non-remplacement
d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite", a souligné
pour sa part Christophe Delecourt, de la CGT-Finances, premier
syndicat du secteur, jugeant que les suppressions de poste aux
Finances se situaient "même au-delà de cet objectif".
Nicolas Sarkozy a,
à plusieurs reprises au cours de sa campagne électorale,
affirmé sa volonté de ne remplacer qu'un départ à la retraite
sur deux dans la Fonction publique, notamment grâce à "la
fudion" des 80.000 fonctionnaires de la DGI et des 60.000 de
la DGCP.
A ce sujet, M.
Woerth n'a pas de "scénario défini" mais a évoqué deux pistes:
la fusion "globale" visant à "réunir les deux administrations
sous l'autorité d'un même chef" et la fusion "fiscale"
regroupant tous les services fiscaux, a indiqué Damien Leroux,
secrétaire général de la CFDT-Finances.
La réunion des
services fiscaux supposerait un transfert de certaines
missions de la DGCP (recouvrement de l'impôt sur le revenu,
taxes d'habitation et foncière) vers la DGI (calcul et
contrôle de l'impôt), selon M. Gathier (Snui-FDSU).
Mais "au-delà de
cette annnonce", M. Woerth "n'a donné aucune information sur
les scénarios, les modalités et le calendrier", a déploré
FO-Trésor dans un communiqué.
Se disant "inquiète
de l'impact de ces projets sur les missions de service public,
les effectifs et les conditions de travail", la fédération a
toutefois souligné que le ministre était "ouvert au dialogue
et à la concertation".
M. Woerth s'est
déclaré "ouvert sur un bilan des réformes en court et prêt à
discuter des carrières et des conditions de travail", a
renchéri M. Leroux (CFDT), précisant que le ministre
rencontrerait les syndicats en réunion bilatérale dès la
semaine prochaine.