Le Syndicat national unifié des
impôts (Snui) a estimé jeudi que le "débat fiscal n'aura pas eu lieu"
pendant la campagne présidentielle déplorant que les "questions de fond"
n'aient pas été abordées dans ce domaine.
Si l'impôt sur la fortune (ISF)
"a occupé une place dans le débat inversement proportionnelle à celle qui
est la sienne dans les recettes fiscales (1,5%), on aura très peu parlé
des autres impôts" ou des "véritables questions de fond", juge le syndicat
dans un communiqué.
Pour le Snui "certaines vérités
de bon sens n'ont pas été rappelées", tel le fait que "le +coût+ d'une
année de scolarité au collège avoisine en France les 7.500 euros" et que
sans impôt, il serait "impossible à la plus grande partie de la population
d'accéder à l'éducation nationale".
Revenant sur la proposition de
Nicolas Sarkozy (UMP) de supprimer la quasi-totalité des droits de
succession, le Snui souligne que 80% des successions entre parents et
enfants et 90% des successions entre conjoints ne sont actuellement pas
imposables "du fait des abattements existants".
Il note aussi le "manque à
gagner" qui découlerait d'une telle mesure, alors que "les droits de
succession et de donation rapportent 8 milliards d'euros au budget de l'Etat".
Quant à l'instauration dans
certains secteurs d'une "TVA sociale" (hausse de cet impôt pour financer
la protection sociale et baisse parallèle des cotisations patronales),
évoquée par M. Sarkozy, "personne ne croit à une expérimentation", affirme
le syndicat en déplorant que "le peu de marge de manoeuvre dont dispose la
France", où la TVA est à 19,6%, n'ait "pas été souligné"