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Éric Heyer, directeur adjoint au
département analyse et prévision de l’Observatoire français des
conjonctures économiques (OFCE) : |
Vincent Drezet, secrétaire national
du Syndicat national unifié des impôts (SNUI) : |
Benoît Hamon, porte-parole du Parti
socialiste : |
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« 2,2 % pour 2008, c’est un demi point de
croissance de moins que prévu, et il est vrai que le paquet fiscal vient
rogner la marge de manoeuvre du gouvernement. Je ne crois pas que cette
mesure réponde au mieux aux problèmes et que l’effet sur la croissance
soit à la hauteur de la dépense car les personnes concernées ne sont pas
celles qui ont la propension à consommer la plus élevée. Une partie va
être épargnée, ce qui limitera l’effet de relance et risque de nous
empêcher de respecter nos engagements vis-à-vis de Bruxelles en terme de
déficit que nous évaluons au-delà du seuil des 3 % en 2008. La
valorisation des bas salaires et au lieu du bouclier fiscal, une prime
sur l’emploi auraient sans doute eu plus d’effet sur la relance. » |
« En dramatisant la question de la dette et
en présentant l’État en faillite, on prétend justifier moins de dépenses
publiques et faire passer l’idée de la rigueur. On a vu qu’avec la
baisse des impôts on se prive de recettes sans relancer la consommation,
le paquet fiscal obéit exactement à la même logique. Il s’adresse à ceux
qui ont déjà une capacité d’épargne et qui ne consommeront pas plus. Ces
mesures vont entraîner plus d’inégalités de patrimoine et de revenu. Ce
sera moins d’argent public pour tous et plus d’argent privé pour
quelques-uns. Il fallait au contraire utiliser les marges de manoeuvre
pour élargir l’assiette et supprimer le poids des niches fiscales,
réviser la fiscalité du patrimoine. La fiscalité locale, avec des
principes de la valeur locative qui datent de 1970, devrait aussi être
profondément réformée. » |
« Le gouvernement a utilisé toutes ses
marges de manoeuvre avec les quinze milliards d’euros de cadeaux fiscaux
faits aux ménages les plus aisés. De plus, les prévisions de croissance
laissent supposer qu’il y aura huit milliards de recettes fiscales en
moins et le président ne pourra pas tenir ses engagements vis-à-vis de
l’Eurogroupe en ce qui concerne les déficits publics.
Ce budget va être un exercice de bricolage comptable pour laisser croire
que les priorités gouvernementales demeurent inchangées et que Nicolas
Sarkozy a tenu ses engagements en matière de recul des déficits. La
vérité, c’est qu’il va sans doute payer au prix fort l’irresponsabilité
d’une première mesure clientéliste comme celle du paquet fiscal. |