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L'ISF au coeur des
polémiques
Mercredi 11 Juillet 2007
Par Maud PIERRON
L'amendement sur l'abattement d'ISF sur la résidence principale, le
faisant passer de 20% à 30% a été adopté mardi soir, lors de l'examen du
projet de loi du "paquet fiscal". Si cette mesure, au final, bénéficiera à
un petit nombre, elle est emblématique de la politique fiscale menée par le
gouvernement. Le PS accuse la droite de vouloir supprimer l'ISF et le
Nouveau Centre grince des dents.
Christine Lagarde, lors de la présentation du projet de loi en faveur du
pouvoir d'achat, de l'emploi et du travail. (Maxppp)
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Le paquet fiscal en discussion
Les mesures du paquet fiscalSi il y a bien un domaine où le clivage
gauche-droite est prégnant, c'est bien celui de la fiscalité. Et c'est peu
dire que l'amendement, cosigné par le président du groupe UMP Jean-François
Copé et le rapporteur général du budget Gilles Carrez, qui permet
d'augmenter l'abattement de 20% à 30 % pour la résidence principale dans le
texte de Christine Lagarde, a rallumé l'affrontement idéologique. L'aile
libérale de l'UMP est satisfaite de voir aboutir un projet après lequel elle
courait depuis longtemps. D'autant qu'il n'était pas évident que cette
mesure, sensible dans l'opinion, fasse l'unanimité parmi les deux têtes de
l'exécutif. Mais François Fillon, mardi matin, avait donné son accord aux
députés de la majorité présidentielle. "Il s'agit de neutraliser la hausse
sensible des prix de l'immobilier pour les redevables qui voient augmenter
leurs impôts sans avoir vendu leur résidence principale", a expliqué
Jean-François Copé. Et de continuer dans l'explication de texte: "Ce n'est
pas non plus une révolution, mais ça permet à un certain nombre de
contribuables des classes moyennes et moyennes supérieures qui se sont
trouvés brutalement assujettis à l'ISF, de bénéficier ainsi de ce type
d'exonération."
Avec la flambée du prix de l'immobilier, le nombre de contribuables soumis à
l'ISF augmente chaque année: 335 000 en 2004, 394 500 en 2005, 457 000 en
2006 et cette année, la barre-symbolique- des 500 000 foyers concernés par
l'ISF devrait être franchie. Globalement, cet amendement permettra de
soulager les contribuables dont la valeur de leur bien a fortement augmenté
avec l'explosion des prix de la pierre. Adopté par la commission des
finances, ce texte a provoqué la mauvaise humeur des députés du Nouveau
Centre, hostile à ce nouveau "cadeau" fait aux contribuables soumis à l'ISF.
Charles de Courson, notamment, a tenté une mini-fronde en proposant
d'instaurer un plancher de 300 000 euros pour bénéficier de 20% d'abattement
sur l'ISF. Non retenu.
A gauche également, les critiques ont fusé. Invité ce mercredi sur France
Info, Didier Migaud, le président PS de la commission des Finances du palais
Bourbon a assuré que cette modification n'était rien d'autre qu'une remise
en cause, à peine masquée, de l'impôt de solidarité sur la fortune. L'UMP
veut "attaquer l'ISF de tous les côtés, car il "n'ose pas dire qu'il
souhaite le supprimer", a-t-il continué.
Migaud: "Ce n'est pas notre conception de la justice fiscale"
Le député de l'Isère a attaqué bille en tête sur le thème de la justice
sociale et de l'inégalité, estimant que le gouvernement a "des générosités
et des solidarités quelques peu sélectives ou inégales". Il accuse le
gouvernement Fillon de "remettre en cause les seuls impôts progressifs" et
"en contrepartie d'augmenter tout ce qui est prélèvement indirects ou bien
cotisations proportionnelles. (...) Ce n'est pas notre conception de la
justice fiscale". Pour lui, ce dispositif est coûteux et inefficace. Migaud
prévenait déjà mardi: "Le gouvernement couvre les propriétaires de cadeaux
fiscaux mais n'a pas un geste pour les locataires, soit quand même près de
la moitié de la population française". Car cet amendement est suivi par un
autre sur l'exonération des droits de succession, sous certaines conditions,
entre frères et soeurs.
Selon le Syndicat national unifié
des impôts (SNUI), toutes ses mesures reviennent à donner "le beurre et
l'argent du beurre" aux contribuables les plus aisés. Ceux-ci auraient "à la
fois la résidence principale moins taxée et des abattements importants qui
permettent en réalité, par la donation, de faire circuler du patrimoine en
franchise d'impôt et à terme d'accélérer les inégalités." Bernard
Accoyer, le président de l'Assemblée nationale a botté en touche. Pour lui
cette mesure n'est pas un "cadeau" mais une "petite adaptation" à la hausse
de l'immobilier, tout simplement. Il a estimé, plus largement que le paquet
fiscal aurait un effet positif sur la croissance. En tous cas, "la France
des propriétaires", louée par Nicolas Sarkozy durant la campagne
présidentielle devrait y trouver son compte. |