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ISF : deux évasions fiscales chaque jour,
selon le Sénat
649
redevables de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune ont quitté le territoire
français en 2005, selon des chiffres rendus publics mercredi.
En
2005, les fuites de bases imposables vers l'étranger auront atteint 2,2
milliards d'euros.
Les
"évasions fiscales" pour ne pas payer l'Impôt de Solidarité sur la Fortune
ne concerne pas que les stars. Si l'on en croit les chiffres d'un rapport du
Sénat rendu public mercredi, près de deux contribuables français soumis à l'ISF
quittent le territoire chaque jour. En 2004, ils étaient 568 redevables à
s'exiler, selon le sénateur UMP Philippe Marini, pour qui cela "dénote
une très nette accélération", avec une hausse de "50% par rapport à
la moyenne des années précédentes". Et en 2005, ce sont 649 redevables
à l'ISF qui sont partis (+14% par rapport à 2004), indique le sénateur dans
une communication dont le texte a été rendu public par la commission
sénatoriale.
Les
pertes d'impôt de solidarité sur la fortune se sont élevées à 16,4 millions
d'euros en 2004 et à 18,2 millions d'euros en 2005, indique-t-il, précisant
qu'"il convient toutefois d'ajouter les pertes de recettes d'ISF liées à
l'impôt sur le revenu, à l'imposition des plus-values, aux droits de
mutation et à la TVA, soit des recettes de plusieurs centaines de millions
d'euros par an". En 2005, "les fuites de bases imposables vers
l'étranger auront atteint 2,2 milliards d'euros (1,7 milliard en 2004),
selon ses calculs. Le sénateur plaide en conséquence pour "une adaptation de
l'ISF aux contraintes économiques".
Certains départs "relèvent du choix de carrière"
Selon
le Syndicat national unifié des impôts (Snui),
qui a relativisé mercredi ces nouveaux chiffres, "les détracteurs de
l'imposition du patrimoine tentent de jouer sur la peur des délocalisations
fiscales pour imposer leurs vues". "Pour avoir une vue complète de
la situation, il faudrait disposer, en plus du nombre de départs, de celui
des retours et de celui des installations d'étrangers en France", fait
valoir le syndicat.
Le
Snui conteste aussi l'interprétation faites de
ces départs certes "bien réels", mais aux "motivations
multiples et pas seulement fiscales". Ainsi, "les départs vers les
pays anglo-saxons relèvent davantage de la mobilité professionnelle et du
choix de carrière", estime le Snui, qui
affirme par ailleurs que les départs vers la Suisse "ont toujours
existé, ISF ou pas".
"L'administration
doit disposer de moyens législatifs et humains pour lutter contre une
évasion fiscale illégale tout à la fois de plus en plus courante (quoique
limitée à des contribuables plutôt aisés), complexe et coûteuse",
conclut le Snui, en demandant une "étude
exhaustive" du phénomène. |