Polémique sur les motivations des exilés fiscaux
Un mois après l'exil fiscal de Johnny Hallyday en Suisse, la polémique sur l'ISF (impôt sur la fortune) refait surface à nouveau. "La France connaît désormais près de deux délocalisations fiscales chaque jour." C'est le constat que fait Philippe Marini, sénateur UMP, qui plaide en conséquence pour" une adaptation de l'ISF aux contraintes économiques".
 

En 2004, 568 contribuables soumis à l'impôt sur la fortune ont quitté le territoire français. Selon le sénateur, cela "dénote une très nette accélération", avec une hausse de "50 % par rapport à la moyenne des années précédentes". Et en 2005, ce sont 649 redevables à l'ISF qui sont partis (+ 14 % par rapport à 2004), indique M. Marini dans une communication dont le texte a été rendu public par la commission des finances sénatoriale.

 

Les pertes liées à l'impôt de solidarité sur la fortune se sont élevées à 16,4 millions d'euros en 2004 et à 18,2 millions d'euros en 2005, indique-t-il. Il précise qu'"il convient toutefois d'ajouter les pertes de recettes d'ISF liées à l'impôt sur le revenu, à l'imposition des plus-values, aux droits de mutation et à la TVA, soit des recettes de plusieurs centaines de millions d'euros par an".

"MOTIVATIONS MULTIPLES"
 

Mais ce tableau est contesté. A quelques mois de l'élection présidentielle, certains ne manquent pas d'en souligner l'opportunisme, comme le Syndicat national unifié des impôts (SNUI). "Les détracteurs de l'imposition du patrimoine (ISF, droits de succession, imposition des plus-values) tentent à nouveau de jouer sur la peur des délocalisations fiscales pour imposer leurs vues", remarque le SNUI dans un communiqué.

Le syndicat conteste l'interprétation faites de ces départs certes "bien réels", mais aux "motivations multiples et pas seulement fiscales", selon lui. "Ainsi les départs vers les pays anglo-saxons relèvent davantage de la mobilité professionnelle et du choix de carrière", estime le SNUI.