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La baisse des impôts n'est pas une réalité
pour tous
Publié le dimanche 23 septembre 2007 à 05H12
Le nouveau mode de calcul fait débat
Travailler plus pour gagner plus, pourquoi pas,
mais à quel prix? C'est la question qui taraude Michel depuis qu'il a reçu,
au début du mois d'août, son avis d'impôt sur les revenus : pour quatre
mille euros de revenus supplémentaires en 2006, ce cadre marseillais a vu sa
note augmenter de mille euros... Explication officielle reçue au guichet du
centre des impôts, ce quinquagénaire a "sauté une tranche".
Victime collatérale d'une réforme dont le but était selon le
gouvernement de l'époque de "simplifier, rendre plus juste et plus
efficace" l'impôt sur le revenu, il avait pourtant cru comprendre, en
fin d'année dernière, que cet impôt allait baisser. Mieux, Thierry Breton,
le ministre de l'Économie et des finances, dans un grand élan de générosité
pré-électorale, lui avait fait "cadeau" en début d'année, comme à chaque
contribuable, d'une ristourne de 8%. Résultat, ses trois dernières
mensualités explosent. Et pour l'an prochain, ce sera 310 euros par mois au
lieu de 190 cette année. "Nous
avons reçus ces dernières semaines de nombreux appels s'étonnant de telles
hausses, indique-t-on au siège du Syndicat national unifié des impôts.
Outre l'effet de seuil
provoqué par la redéfinition des tranches, beaucoup de contribuables ont le
sentiment d'avoir été trompés par la ristourne accordée en début d'année.
Nous avions annoncé à l'époque que cette mesure était un non-sens".
Lorsque Thierry Breton et Jean-François Copé, alors ministre du Budget,
avaient présenté en septembre dernier la réforme de l'impôt sur le revenu,
ils avaient claironné que "tout le monde" serait "gagnant".
Deux poids, deux mesures
La réduction du nombre de tranches de 7 à 5 et la suppression de
l'abattement de 20% a fait des victimes parmi les classes moyennes, alors
présentées comme les principales bénéficiaires de ce nouveau mode de calcul.
Après avoir fait tourner ses calculettes, l'Observatoire des conjonctures
économiques (OFCE) avait pourtant mis en évidence ces différences de
traitement: "beaucoup de contribuables vont déchanter en septembre"
avait averti, en vain, l'un de ses experts.
Pour réellement bénéficier de ce remodelage représentant un trou de
3,5milliards dans les caisses de l'État, il fallait en fait figurer dans
l'une des bonnes cibles, c'est-à-dire gagner entre 1800 et 2500 euros, entre
5000 et 7000 euros ou encore plus de 12000 euros par mois. Pour les autres,
aucun bouclier fiscal...
Il y a, effectivement, des gagnants. Exemple avec Alexis, cadre supérieur,
dont le revenu imposable était en 2006 de 20000 euros supérieur à celui de
l'infortuné Michel: il bénéficie cette année d'une baisse de son impôt d'une
centaine d'euros, soit 1% environ de sa note. Ironie du sort, il ne s'était
même pas aperçu de ce petit cadeau, les dernières mensualités étant
consacrées à "rembourser" la ristourne générale accordée à la veille de
l'élection présidentielle...
Par Michel-Philippe
Baret |