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Tout comprendre sur le
scandale du Liechtenstein
Bercy vient de confirmer être en possession d'une liste de 200 noms de
personnes concernées par l'affaire fraude fiscale via le Liechtenstein.
Notre décryptage pour comprendre.
C'est quoi cette affaire de fraude fiscale via le Liechtenstein?
Il y a une dizaine de jours, la justice allemande révèle un vaste scandale
d'évasion fiscale. De très importantes sommes d'argent, qui échappent aux
services fiscaux, sont hébergées dans la banque LGT au Liechtenstein. Un
millier de personnalités sont concernées, dont le patron de la Deutsche
Post, Klaus Zumwinkel, qui démissionne aussitôt.
De plus ces derniers jours, l'affaire s'est internationalisée. Sur les
4.500 mouvements frauduleux mis à jour, seuls 1.400 appartiennent à des
ressortissants allemands. La Suède, la France, l'Italie, l'Espagne, le
Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont également reçu des
informations concernant leurs ressortissants.
Qui est sur cette liste de 200 noms en France?
C'est évidemment LA grande question à laquelle Bercy indique qu'il «n'est
pas question» de répondre. Impossible de savoir si elle comprend des noms
de personnalités ou de responsables importants. Le montant de l'argent qui
aurait échappé au fisc n'est pas non plus précisé par Bercy qui indique
qu'il n'est pas possible de «le définir pour l'instant». D'autres pays
l'ont pourtant fait. L'Australie, par exemple, a indiqué que les fonds sur
lesquels elle enquête varient de 200.000 dollars australiens (environ
120.000 euros) à plusieurs milliers de dollars.
Bercy, contacté par 20minutes.fr, se borne à indiquer que des contrôles
sont effectués par la Direction nationale des enquêtes fiscales et qu'ils
peuvent prendre «plusieurs semaines». Quant aux «chemins de fraude» - les
moyens par lesquels cet argent a été dissimulé - ils ne sont pas encore
connus. Sociétés écrans, holdings, chambres de compensation: aucune
information n'a été rendue publique.
Pourquoi une telle opacité française?
Pour Vincent Drezet, secrétaire
national du Syndicat national unifié des impôts, elle n'est pas
surprenante. «En France, priorité est donnée à la lutte contre la petite
fraude fiscale mais pas contre la grande fraude internationale qui arrange
une certaine élite», accuse-t-il. Sur les 52.000 contrôles fiscaux
externes effectuées chaque année, seuls 9% se font à l'international.
La France est également embarrassée car officiellement le fisc ne paie
aucun informateur pour obtenir des informations. Or, Berlin a reconnu que
ses services secrets avaient rémunéré un homme, Heinrich Kieber, entre 4
et 5 millions d'euros. Les Britanniques ont également payé pour obtenir
les informations dont ils disposent, a révélé lundi une source de
l'administration fiscale britannique. Et ce sont les services britanniques
qui ont communiqué la liste des noms à Paris, conformément aux règles de
coopération bilatérale qui existent en ce domaine…
Ce scandale peut-il mettre fin au paradis fiscal que représente le
Liechtenstein?
Si les responsables européens, Angela Merkel en tête, ont promis de
renforcer la coopération européenne de lutte contre la fraude fiscale, le
Liechtenstein n'a pas l'air de prendre le chemin du mea culpa. Le parquet
de Vaduz (la capitale) vient ainsi d'annoncer l'ouverture d'une enquête
préliminaire «contre Heinrich Kieber et auteurs inconnus» sous le soupçon
de «divulgation de secrets d'entreprise au profit de l'étranger».
L'affaire est d'autant plus sensible pour ce petit pays alpin que la LGT
est une propriété de… la famille princière liechtensteinoise. Les
accusations d'atteinte à sa souveraineté ont déjà été portées contre
l'Allemagne. La tension ne risque d'ailleurs pas de retomber alors que le
parquet de Bochum (Allemagne) a étendu ses investigations à une deuxième
banque. Selon le «Süddeutsche Zeitung», il s'agirait de la filiale au
Liechtenstein de la banque privée suisse Vontobel. Mais première
conséquence concrète du scandale: la Bayerische Landesbank (banque
bavaroise) a indiqué qu'elle envisageait de vendre sa participation
indirecte dans une banque située dans la principauté.
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