| |
15 février 2008
Le nombre d'assujettis à l'ISF
continue de progresser fortement
par Hugo Lattard
Par rapport à 2006, le rendement de l'impôt sur la fortune a progressé de
19%. Sans tenir compte du « bouclier fiscal »
Le nombre de contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune (ISF) a
franchi un nouveau record en 2007. Selon des informations publiées par Le
Figaro, vendredi, 528.000 contribuables auraient réglé cet impôt l’an
dernier, contre 457.000 en 2006. Selon les annexes au projet de loi de
finances 2008 publiées début octobre (les recouvrements de l'ISF sont
quasiment achevés à ce stade de l'année), ses recettes ont progressé de 19%:
elles se sont établies à 4,42 milliards d'euros contre 3,85 milliards
initialement prévu. Par rapport à 2006, le rendement de l’ISF est en hausse
de 720 millions d’euros. En 2006, il avait rapporté 3,7 milliards d’euros,
soit une progression de près de 20% par rapport à 2005. Au fil des ans, le
nombre d’assujettis à l’ISF, comme son rendement, vont croissant.
Les recettes de 2007 ne prennent cependant pas en compte les reversements
dus au titre du bouclier fiscal à 50%, adopté l’été dernier. Selon les
derniers chiffres disponibles, 20.000 demandes de restitution auraient été
déposées en 2007. C’est bien moins que l’estimation du gouvernement qui
figurait dans le projet de loi de finances : 93.000 bénéficiaires potentiels
avaient été recensés, dont 16.000 imposables à l’ISF. Conscient de ce
décalage, le gouvernement a d’ailleurs entrepris de battre le rappel des
contribuables pouvant bénéficier du bouclier fiscal.
Plusieurs raisons expliquent la progression du rendement de l’ISF et du
nombre d’assujettis. La première est la forte hausse du patrimoine des
ménages au cours des 10 dernières années. Selon l’Insee, sa valeur globale
était de 4828 milliards d’euros en 1995. En 2005, elle était de 8066
milliards d’euros et n’a cessé de progresser depuis.
La hausse combinée du marché
immobilier et de la Bourse sur la période « a à la fois élargi le nombre
d’assujettis et augmenté la base imposable de ceux qui l’étaient déjà »,
relève le SNUI, premier syndicat des impôts, dans une note publiée vendredi.
Or l’ISF 2007 correspond au patrimoine déclaré au 31 décembre 2006, soit à
l’heure où les Bourses étaient encore florissantes.
Auteur de cette note, Vincent Drezet voit une autre explication,
démographique, liée au vieillissement de la population. « Avec l’âge, les
dettes diminuent », observe-t-il, « ce qui a pour effet d’augmenter
mécaniquement la valeur du patrimoine net ». |