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Impôts - : « Il n’y aura plus de spécialistes fiscaux pour
les contribuables »
Vincent Drezet
Propos recueillis par Alexandra Gonzalez, le mercredi 14 mai 2008 à 04:00
Vincent Drezet, secrétaire national du SNUI (Syndicat national unifié des
impôts) acueille avec plus d'inquiétude que de réjouissance la prochaine
fusion entre le Trésor Public et la Direction Générale des Impôts.
FRANCE-SOIR. Pourquoi cette fusion entre administrations fiscales ?
VINCENT DREZET. Il y a deux raisons, une bonne et une mauvaise. La bonne
raison, c’est que l’on va rassembler deux administrations fiscales en une.
Pour le contribuable, à partir du moment où il n’a pas de problème
particulier avec ses impôts, ce sera plus simple pour lui. La mauvaise
raison, c’est que cette fusion se fait sur le raisonnement suivant : les
deux administrations font le même travail, supprimons par conséquent ce
doublon. Dans toute opération de ce type-là, c’est d’abord la recherche de
gains de productivité et les économies budgétaires qui priment. Sauf que
nous ne faisons pas le même travail ! La direction générale des impôts gère
les questions de recouvrement, le Trésor public gère principalement les
dépenses publiques et les finances locales.
Concrètement, qu’est-ce que cela va changer pour le contribuable ?
Le discours officiel est de dire qu’au lieu d’avoir d’un côté votre centre
des impôts, et de l’autre la trésorerie, vous aurez les deux services au
même endroit. En réalité, les démarches courantes se feront effectivement au
même endroit, mais si les questions deviennent trop complexes et pointues,
il faudra se rendre dans un pôle de compétence départemental. L’État n’a
plus les moyens de maintenir les spécialistes partout sur le territoire, il
veut donc les rapatrier dans ces pôles, qui existent en exemplaire unique en
moyenne dans chaque département. Ce qui veut dire qu’en cas de problème, le
contribuable devra faire peut-être plus de kilomètres qu’avant.
Les agents fiscaux vont désormais avoir une « double casquette », quid de
leur formation ?
Justement, nous sommes de plus en plus surchargés de travail, nous craignons
donc que ces formations, au lieu de se dérouler sur une semaine, ne se
fassent en trois jours. Or qui dit mauvaise formation dit service de
mauvaise qualité rendu ensuite. Autre point sur lequel il va falloir
veiller, ce sont les nouvelles conditions de travail liées à cette
évolution. Puisque l’on fusionne deux services en un, il va falloir adapter
de manière conséquente les halls d’accueil, les salles d’attente, prévoir un
environnement confidentiel. Un contribuable ne tient pas forcément à être
entendu de tous lorsqu’il s’entretient avec un agent. Enfin, étant donné que
certains centres vont fermer, les agents s’inquiètent au niveau de la
mobilité. Devoir faire 50 km tous les jours pour rejoindre le centre où l’on
travaille n’est pas une solution.
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