Un proche de l'Élysée aux Impôts
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Il occupe pour encore deux mois son bureau de trésorier-payeur général (TPG) d'Ile-de-France, dans l'ancien immeuble de « France-Soir », avec vue sur Beaubourg. Mais, cet été, Philippe Parini, cinquante-six ans, regagnera le ministère de l'Economie, qu'il connaît par coeur pour y être entré voilà plus de trente ans, à sa sortie de l'ENA. Il s'installera « à équidistance », fait-il remarquer dans un sourire, du ministre du Budget, Eric Woerth, et des Directions des impôts et de la comptabilité publique, qu'il est en train de fusionner. Le nouveau directeur général des finances publiques (DGFIP) prend son rôle avec sérénité. Son visage, semblant tout droit sorti de la Comédie-Française, laisse à peine transparaître la satisfaction d'avoir décroché l'une des plus grosses administrations centrales (129.000 fonctionnaires). Dans les couloirs du ministère, il se murmure qu'il était programmé pour le poste depuis 1993, date à laquelle il a rencontré Nicolas Sarkozy. La gauche venait de perdre les législatives et le jeune secrétaire d'Etat au Budget d'Edouard Balladur l'avait nommé directeur du personnel. « Pour détendre l'atmosphère, il montait nous voir assez régulièrement avec une bouteille de champagne », se souvient Bruno Gibert, conseiller du ministre à l'époque.
10 kilomètres chaque week-end
Philippe Parini dit « assumer complètement » sa proximité avec le chef de l'Etat, qu'il a également côtoyé dans les Hauts-de-Seine, où il a été TPG de 1998 à 2002. Une relation renforcée, avant la présidentielle, par sa participation à la rédaction du programme du candidat Sarkozy. Et, après la présidentielle, par son engagement dans la revue générale des politiques publiques. « Il est très fiable et profondément loyal », souligne Sébastien Proto, jeune directeur adjoint du cabinet d'Eric Woerth. Fait rare pour un haut fonctionnaire de la République dont l'une des tâches consistera à supprimer des postes, les syndicats lui semblent plutôt favorables. Le puissant Syndicat national unifié des impôts (SNUI) se dit « soulagé » par son arrivée. Aux yeux de FO-finances, « il sait mettre de l'huile dans les rouages » et « prendre son temps » pour réformer. La CGT-finances, elle, « attend de voir », s'agissant d'une configuration inédite. « J'aime bien discuter avec eux », assure Philippe Parini. Sa recette ? « Savoir se mettre à leur place et ne pas vouloir imposer coûte que coûte son point de vue. » « Quand le ministre lâche 135 millions d'euros de primes aux agents pour fusionner, la paix sociale est facile à trouver », glisse, perfide, un haut fonctionnaire.
Le nouveau DGFIP sait en tout cas garder ses distances. Les épreuves de la vie l'ont rapproché de ses deux filles. Il tient à courir ses 10 kilomètres chaque week-end, sans renoncer à fumer un Cohiba. Il prétend être « effrayé de voir les lumières encore allumées à 22 h 30 dans certains bureaux », trouve le temps d'enseigner le droit constitutionnel à Sciences Po et de traquer les montres anciennes dans les brocantes. « Ce n'est pas un robot et, en petit comité, il peut être très drôle », affirme Claude Reisman, TPG du Languedoc-Roussillon, qui l'a côtoyé pendant près de quinze ans. « Il est très susceptible et son goût du pouvoir est supérieur à la moyenne, même pour un énarque », nuance un ancien camarade de promotion.

