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L'inquiétude grandit
chez les fonctionnaires autour de la réforme de l'État
27/03/08
La grogne monte dans de nombreux secteurs de l'administration, comme la
culture, l'éducation ou aux finances. Le gouvernement doit faire de
nouvelles annonces en avril sur la révision générale des politiques
publiques, vaste chantier visant à moderniser la fonction publique
L'inquiétude monte chez les fonctionnaires face à la révision générale des
politiques publiques (RGPP), vaste chantier du gouvernement visant à
moderniser la Fonction publique et à réduire les dépenses de l'Etat, alors
que de nouvelles annonces doivent intervenir en avril. Lancée au mois de
juillet par le Premier ministre François Fillon, la RGPP a notamment pour
objectif de diminuer le nombre de fonctionnaires, en ne remplaçant qu'un
agent sur deux partant à la retraite à partir de 2009 (contre un sur trois
dans le Budget 2008). Mi-décembre, Nicolas Sarkozy avait présenté une
première vague d'orientations et de nouvelles annonces sont attendues pour
"la première quinzaine d'avril", selon le secrétariat d'Etat à la Fonction
publique.
"Nous, ce qu'on voit à l'heure actuelle, c'est qu'on nous supprime des
emplois, qu'on procède à des restrictions de missions, des regroupements qui
n'ont pour but que de réduire la sphère d'intervention publique", déplore
Jean-Marc Canon (CGT), rebaptisant ironiquement la RGPP "restriction
générale des politiques publiques".
La FSU, première fédération de la Fonction publique d'Etat, qui prépare une
campagne de mobilisation contre la RGPP en lien avec la CGT, dénonce "une
politique sans précédent" qui "risque de déboucher sur une réduction
drastique de la présence territoriale des services publics nationaux".
Fin février, les inspecteurs du permis de conduire, qui craignaient une
privatisation de l'examen dans le cadre de cette révision, ont massivement
fait grève, obtenant finalement l'assurance que le permis de conduire
resterait confié à des fonctionnaires.
Mais dans d'autres secteurs, comme l'éducation, les craintes persistent et
la mobilisation prend même de l'ampleur. Les actions des enseignants se sont
multipliées ces dernières semaines contre les 11.200 suppressions de postes
prévues à la rentrée sur 22.900 inscrites dans le budget 2008. Les lycéens
sont à leur tour appelés à descendre dans la rue jeudi.
La grogne monte également dans le monde de la culture contre un déficit de
politique culturelle, le "désengagement de l'Etat", la réorganisation des
services et notamment celle des musées nationaux.
Autre secteur mobilisé : les
finances, où une fusion des directions générales des impôts (DGI) et de la
comptabilité publique (DGCP) est en cours. Les agents des deux directions
sont appelés à faire grève jeudi par Sud et la CGT qui jugent
"insuffisantes" les mesures d'accompagnement proposées. "Il y a beaucoup de
questions et d'inquiétude", explique Vincent Drezet du Snui-FDSU, premier
syndicat des impôts, citant une "série d'interrogations très concrètes
d'agents sur les conséquences matérielles et géographiques de l'opération".
Au ministère du Travail, les syndicats d'inspecteurs du travail qui
appellent à une grève nationale le 3 avril pour soutenir quatre élèves
rétrogradés à la fin de leur formation, ont finalement décidé d'élargir leur
mot d'ordre aux réformes de la RGPP.
Et l'inquiétude des syndicats est aussi alimentée par un projet de loi
visant à faciliter la mobilité des fonctionnaires, présenté en conseil des
ministres le 9 avril, dans le cadre de la RGPP. Certains syndicats comme la
CGT y voient un "outil" pour mettre en place des "plans sociaux" dans la
fonction publique, allant même jusqu'à dénoncer des "licenciements déguisés"
et une attaque contre le statut des fonctionnaires.
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