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Vincent Drezet, secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts

21-04-2008 Sarah Nicolle

"La France est une exception fiscale"
Interview de Vincent Drezet, secrétaire national du SNUI
 

La campagne 2008 impôts sur le revenu a été lancée hier. Qu’en pensez-vous?
Ce qui me frappe, c’est le manque de débat public. Cette campagne devrait être un moment citoyen : c’est là que les questions de fond sur l’impôt, le financement du service public, devraient être posées. Sur les nouveautés de cette année, nous ne sommes pas surpris : il y a une nette accélération de l’administration électronique.

La télédéclaration n’entraîne-t-elle pas un plus gros risque de laisser passer des erreurs?
Aucun bilan de la télédéclaration n’a été fait, c’est regrettable ! La télédéclaration dépend des données fournies par les employeurs : il peut y avoir des erreurs. Les agents des impôts sont de moins en moins nombreux alors que les délais sont restreints. Dans ce contexte, une petite erreur dans la déclaration a plus de chances de passer !

Seule la moitié des foyers fiscaux paye l’impôt sur le revenu : comment expliquez-vous cela?
Ce chiffre montre d’abord qu’un grand nombre de foyers n’a pas de revenu suffisant pour payer l’impôt. Mais il y a aussi beaucoup de personnes aux revenus élevés qui ne paient pas : c’est là qu’il faudrait élargir l’assiette pour rétablir une justice fiscale. Bon nombre de gens trouvent des combines pour échapper à l’impôt… Il y a une vraie industrie de la défiscalisation ! On compte environ 250 niches fiscales. Un rapport va d’ailleurs être rendu à ce sujet.

Pour simplifier la vie des contribuables, Thierry Breton avait parlé d’installer le prélèvement à la source en 2009, où en est-on?
Ce n’est pas pour demain ! Cette réforme était censée simplifier les choses, mais son application est très complexe. La France est une exception fiscale. Déductions d’impôts, niches, et surtout quotient familial, rendent impossible d’établir un mode simple de prélèvement à la source : il y a trop d’ajustements à faire sur l’année. Pour gérer tout cela, il faudrait 2000 postes d’agents des impôts en plus ! Or la tendance est à la réduction des effectifs.

06-05-2008 Sarah Nicolle