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Le
syndicat unifié des impôts dénonce le laxisme dans la lutte contre la fraude
RAPPORT
LES
FAITS.
Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) publie un rapport sur l'état
de la lutte contre la fraude fiscale. II s'inquiète de la tendance à
privilégier le « service » aux contribuables plutôt que la chasse aux
fraudeurs.
Le moment
ne doit rien au hasard. Demain, Éric Woerth annoncera la création de la
nouvelle délégation nationale de lutte contre la fraude. Le ministre des
Comptes publics en présentera les missions et les objectifs.
Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) a décidé de faire précéder
cette annonce par la publication, aujourd'hui, d'un rapport sur l'état de la
lutte contre la fraude fiscale, l'un des champs d'action
qu'embrassera la DNLF à côté de la fraude sociale. Après l’éclatement de
l'affaire de fraude internationale impliquant notamment le Liechtenstein, ce
document, que La Tribune s'est procuré, s'interroge sur la place du
contrôle fiscal et son avenir. Pour les auteurs, « le contrôle fiscal est
en effet actuellement considéré [...] comme une contrainte qui freine
l'activité économique et qui, dans un contexte de course â l attractivité
économique, doit donc être le moins gênant possible et le moins présent
possible ». Les années 2002-2008 seraient, selon le Snui, celle du «
virage » vers un contrôle fiscal « light, » et inégal.
À l’appui
de ses dires, le syndicat avance des chiffres. Si la plupart des
particuliers sont contrôlés - pour un montant redressé de l’ordre 1,95
milliard d’euros soit au stade de la déclaration préremplie sur pièces, les
entreprises le sont moins. Par exemple, en 2006, alors que 3,4 millions
d'entreprises étaient susceptibles d'être assujetties à la TVA, il n'avait
été procédé qu'à 48.000 vérifications de comptabilité et à 85.821
redressements sur la base du contrôle sur pièces.
L'allègement du contrôle s'explique également par des pratiques. Les
services « sont de plus en plus incités a s'engager de manière encore
informelle sur des résultats financiers avant même le lancement des
opérations de contrôle, voire dans certains cas sur la nature des
redressements et sur les perspectives de recouvrement » Les
enseignements des mesures décidées par Nicolas Sarkozy, alors ministre des
Finances, sur le contrôle fiscal traduisent également cette évolution.
Les
mesures qui ont connu le plus de succès sont celles relatives à la durée des
interventions et les régularisations en cours de contrôle, qui sont passées
de 2 021 en 2005 portant sur 50 millions à 3.200 en 2007 pour 320 millions.
À l’inverse, les accords préalables en matière de prix de transfert sont
très peu nombreux (20 en 2006), les entreprises sachant qu'elles sont peu
contrôlées préfèrent prendre le risque de pratiquer des prix de transfert à
l’étranger en dehors des conditions normales
DE
GRAVES MANQUEMENTS
Enfin, le Snui, revenant sur la
fraude internationale, juge que les politiques fiscales « nationales et
internationales » ne sont pas à la hauteur des enjeux. Selon
Bruxelles, les impôts non collectés en raison de la fraude fiscale
représenteraient entre 2 et 2,5 % du PIB, ce qui reviendrait pour la France
à un montant compris entre 38,7 et 48,4 milliards, d'euros, soit bon an, mal
an, l'équivalent du déficit budgétaire. |