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Vincent Drezet : "La
fiscalité a malheureusement accompagné le développement des inégalités"
Entretien avec le
secrétaire national de l'union SNUI-SUD Trésor Solidaires, co-auteur de
"Il faut faire payer les riches" (Seuil) .
Nicolas Doze : le Syndicat national unifié des impôts est la première centrale de Bercy pour que les gens comprennent ce que c'est que le SNUI et vous êtes du Comité scientifique d'ATTAC et vous avez donc co-signé aux côtés de l'économiste Liêm Hoang-Ngoc, que nous déjà à plusieurs reprises reçu. On dit qu'il est du PS Liêm Hoang-Ngoc ou qu'il est proche de la gauche ? Vincent Drezet
: D'abord c'est un économiste, il se trouve
qu'il a un engagement politique et qu'il est député européen depuis l'année
dernière. Il y a un titre quand même un peu "provoc"... Enfin, si je prends la dernière phrase du bouquin : "Il est décidément temps de faire payer les riches !" C'est accrocheur, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de fond derrière. Si vous ne l'aviez pas écrit comme cela, je ne vous aurais peut-être pas invité, je me serais dit : « Oh encore un bouquin technique sur la fiscalité ». Ah non, justement, il se veut court et percutant. Si
possible pédago. Il est progressif mais quand on dit qu'il est de moins en
moins progressif, il l'est de moins en moins par rapport à ce qu'il était
avant. Un constat qui a été dressé par la Commission des finances de l'Assemblée nationale. On est d'accord, j'ai lu effectivement les chiffres sur les 100 plus riches qui ne payaient pas d'impôts, dans le détail, je ne sais plus mais effectivement il y a des choses qui pour le coup étaient très difficiles à avaler pour les classes moyennes, les classes populaires. Vous écrivez : « Il n'est plus obscène de vouloir faire payer les riches », encore une fois et ça n'est pas la dernière phrase, elle est au tout début. Ça n'est pas pour rire le titre ! Non, ça n'est pas pour rire, la formule « Il faut faire
payer les riches », aujourd'hui d'ailleurs elle est un peu galvaudée, quand
il y a un an on a décidé de faire ce livre-là... Non, pas haineux. Le style est volontairement "pêchu" plutôt que haineux. J'aimerais paraphraser Desproges : « Les riches font partie d'un club très fermé, les pauvres ne demandent pas plus que d'y rentrer ». L'idée c'est quoi ? C'est d'abord de réduire les inégalités et ce que l'on essaye de dire, c'est que économiquement et socialement, ça se tient. C'est ça l'idée centrale c'est de partir d'un constat où les inégalités se sont développées. Tout le monde fait ce constat là : qu'il y ait eu des revenus indécents, tout le monde le dit. Il y a une logique propre, on va dire, à la
financiarisation mais aussi la fiscalité a malheureusement accompagné le
développement des inégalités en réduisant, c'est ce que l'on dit, l'impôt,
notamment l'impôt sur le revenu où si l'imposition n'est pas très bonne, en
France et ailleurs, on a favorisé le développement de cette inégalité-là.
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