« Avec la réforme, les
conditions de travail se sont dégradées »
Vincent Drezet, secrétaire
national de l'Union SNUI-SUD Trésor Solidaires (Syndicat des impôts)
était en Moselle, hier, pour participer aux assises du syndicat mosellan
dont le secrétaire est Jean-Paul Dor. Au cœur des débats figurait la réforme
de la fusion du Trésor public et des impôts pour donner naissance à la
Direction générale des finances publiques. Son analyse.
Vous avez combattu cette réforme. Pourquoi ?
« Depuis le lancement de cette réforme en 2007, c’est un véritable big-bang
! Unifier Trésor et impôts, c’est nier le fait qu’ils ne font pas le même
travail. Mélanger les recettes et les dépenses, ce n’est pas la même chose.
Fusionner ces deux structures au mode de fonctionnement, à l’organisation du
travail et aux règles de gestion très différentes, a entraîné une forte
dégradation des conditions de travail des personnels. »
Qu’en est-il des effectifs ?
« Aujourd’hui en France on a perdu 15 % de nos effectifs, soit près de 20
000 emplois. En fait la RGPP, la Révision générale des politiques publiques
dans nos administrations, s’est traduite par la suppression de deux emplois
sur trois, non pas un sur deux. La charge de travail augmente et pèse sur la
qualité du service public. Notre travail de vérificateur, le contrôle fiscal
va en pâtir. Le stress du personnel aussi, car on applique désormais de
nouvelles règles de management avec délais et objectifs à tenir. Et ça
génère un mal-être au travail. Nous avons enregistré une tentative de
suicide à Tarascon, sur le lieu de travail. »
Mais ce guichet unique pour l’usager n’est-il pas plus facile ?
« C’est encore difficile à dire, nous n’avons pas assez de recul,
aujourd’hui. Une chose est sûre : il y a beaucoup plus de monde à
accueillir. Leur nombre a augmenté à l’accueil de 36 % et c’est pareil pour
les appels téléphoniques. Il est clair que les administrés vont passer plus
de temps à attendre à l’accueil de nos centres. »
On approche de l’élection présidentielle. On y parlera de justice
fiscale. Qu’en dites-vous ?
« La réforme fiscale est une question très politique. Nous avons besoin d’un
meilleur équilibre fiscal parce que derrière il y a le vivre ensemble et
plus de cohésion sociale. Notre syndicat fera des propositions notamment
pour une meilleure harmonisation des fiscalités en Europe. »