Impôts : "La
justice fiscale doit être un élément de justice sociale"
Les syndicats Snui-Sud Trésor Solidaires se sont réunis ce matin pour leur
rentrée et revenir devant la presse sur la politique fiscale menée en France
depuis 1999. Pour les syndicats, cette politique a "plombé" les finances
publiques et l'urgence est de trouver et remettre à niveau la fiscalité en
France, à travers une réforme fiscale plus juste.
C'est la rentrée scolaire, mais également la rentrée syndicale. L'union
Snui-Sud Trésor Solidaires s'est réunie ce matin à Saint-Denis pour
critiquer, mais également apporter une réflexion, sur la politique fiscale
prônée en France depuis plus de 10 ans. "La baisse des barèmes d'impôts sur
le revenu a entrainé en 10 ans une perte de 125 milliards d'euros pour les
finances", explique Pascal Valiamin, secrétaire départemental du Snui-Sud
Trésor.
Pour l'union syndical, la baisse de ces taux a provoqué une chute des
recettes de l'État qui, en temps de crise économique, auraient pu être
maintenues si les taux d'impositions étaient restés les mêmes. "Avec le même
barème de 1999, l'État engrangerait 15 milliards d'euros par an
supplémentaire", précise Jocelyn Cavillot, délégué régional de Solidaires.
S'attaquer à la fraude fiscale
Pointés du doigt, les niches fiscales qui font perdre à l'Etat près de "75
milliards d'euros", selon le syndicat. La fraude fiscale représenterait un
manque à gagner de 40 à 50 milliards d'euros par an. Une fraude qui est
pratiquée par les entreprises mais également par les plus hauts revenus en
France. "Le gouvernement préfère s'attaquer à la fraude sociale qui est
évaluée entre 500 et 800 millions d'euros, au lieu de s'attaquer à la fraude
fiscale. Ne traiter que la fraude sociale n'a pas de sens et révèle des
objectifs politiques cachés", souligne Jocelyn Cavillot.
A la Réunion, la fraude en général s'élève entre 290 et 360 millions d'euros
par an selon les chiffres des syndicats, une fraude qui pourrait être
enrayée mais ne l'est pas "faute de moyen". Dans notre île, l'impôt qui
rapporte le plus est la taxe foncière, estimée à 340 millions d'euros par
an, loin devant l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés. Pourquoi
? "Avec la baisse des taux d'impositions, les niches fiscales… l'ensemble de
la population est pénalisé par l'augmentation annuelle de l'imposition
locale", explique Pascal Valiamin.
En conclusion, l'union syndicale demande une réforme fiscale plus juste.
Cette réforme doit mieux financer l'action publique et corriger davantage
les inégalités. "La justice fiscale doit être un élément de justice sociale
!", conclut l'union syndicale.
Vendredi 19 Août 2011