| Par Anne Marie CHAPELAN
PARIS, 15 mars 2005 (AFP) -
Les baisses d'impôts sur le revenu accordées aux
contribuables depuis 2000 ont représenté un manque à gagner
de "plus de 50 milliards d'euros" pour l'Etat, soit plus que
le déficit public prévu pour 2004, a souligné mardi le
SNUI
, premier syndicats à la Direction générale des Impôts.
Pour le
SNUI (syndicat
national unifié des Impôts), qui s'est basé pour ses calculs
sur les lois de finances et lois de finances rectificatives,
ce montant, 50,77 milliards d'euros, atteint sur la période
2000-2005 "l'équivalent d'une année d'impôt sur le revenu" (IR).
Cette somme est le "coût
cumulé global de l'allègement des taux du barème de l'impôt
sur le revenu", sur les années 2000 à 2005, a précisé devant
la presse, le SNUI
, un syndicat très pointu sur les questions
fiscales.
Interrogé par l'AFP, Bercy
n'avait pas fourni de commentaire en début de soirée.
En 2004, l'IR a rapporté 53
milliards d'euros. En 1999, cet impôt avait rapporté 46
milliards d'euros, a rappelé le
SNUI.
Le chiffre de 50,77 milliards
d'euros est "supérieur au déficit prévu pour l'année 2004",
soit 49,3 milliards d'euros, selon la dernière prévision du
déficit pour la fin d'année 2004, relève encore le
SNUI
, "regrettant qu'il n'y ait jamais eu de bilan des baisses
d'impôts effectué par la Cour des Comptes ou le Conseil des
impôts".
Ces allègements d'impôts "ont
été coûteux et peu efficaces" et de plus, "la relance de la
consommation invoquée pour justifier la baisse des taux du
barème, n'a pas eu lieu ou a été particulièrement limitée",
déplore le SNUI
Prime pour l'emploi épinglée
Le syndicat fait valoir que
le "surplus de recettes fiscales constaté fin 2004,
provenant de l'imposition de la consommation (TVA notamment,
ndlr), est pour sa part essentiellement dû à la baisse du
taux d'épargne des Français (-1,5 % de 2002 à 2004) et à la
hausse de leur taux d'endettement (+ 2,5% sur cette même
période), dans un contexte de modération salariale".
Les ménages ont ainsi "puisé
dans leur épargne et se sont endettés" pour consommer, d'où
un "surplus de recettes de TVA notamment", a encore expliqué
Serge Colin, secrétaire général du
SNUI
Si le Premier ministre a fait
état d'un surplus de recettes fiscales de 9,2 milliards
d'euros pour 2004, le
SNUI souligne qu'il résulte de la hausse
de l'impôt sur les sociétés qui ont engrangé des profits
record et de cette hausse de la TVA.
Vincent Drezet, l'un des
secrétaires nationaux du
SNUI, souligne ainsi
que "l'argent est donc là mais que le problème posé est
celui d'une juste répartition des richesses".
Le
SNUI estime que la
Prime pour l'emploi (PPE) qui concerne 8,5 millions de
personnes touchant un montant moyen de 280 euros, constitue
"un surplus de revenus bien modeste".
Pour ce syndicat, "alors que
son effet incitatif" à la consommation ou à la reprise d'un
emploi "n'est pas démontré", c'est en revanche "un
instrument coûteux, d'un coût de 2,86 milliards d'euros
prévus en 2005" et qui "ressemble de plus en plus à un impôt
négatif" (l'Etat doit de l'argent au contribuable).
La PPE, estime en effet le
syndicat, "tend à devenir un instrument de redistribution du
pouvoir d'achat en lieu et place de l'employeur".
Le
SNUI ne voit pas non
plus d'un bon oeil "l'allègement des droits de succession
qui ne bénéficiera qu'à un quart des foyers" ou "la
réduction de 20 euros accordée à chaque télédéclarant"
(déclaration par internet).
Cette mesure, a calculé le
SNUI,
"va faire perdre en 2005, entre 30 et 40 millions d'euros" à
l'Etat.
amc/ed/bb AFP 151933 MAR 05
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