 |
Internet
Un
levier de la réforme de l'État
Économe,
l'administration électronique permettrait en outre de recentrer
des emplois vers l'accueil des citoyens.
Par Christophe ALIX et
Ludovic BLECHER et Hervé NATHAN
mardi 17 mai 2005 (Liberation - 06:00)
Plus
d'Internet, plus d'efficacité, moins de dépenses. Principal
levier de la réforme de l'État depuis la fin des années 90,
l'administration électronique est une équation gagnante. «Elle
satisfait à la fois l'usager dans la simplification de ses
relations avec l'administration, le fonctionnaire détaché des
tâches les plus rébarbatives, et le contribuable soucieux de la
bonne utilisation des fonds publics», claironne Renaud Dutreil,
ministre en charge de la réforme de l'État.
Cure d'amincissement. Ses objectifs sont d'abord quantitatifs :
avec les 1,8 milliard d'euros investis dans Adele, le programme
de modernisation électronique de l'administration pour les
années 2004 à 2007, le gouvernement espère retirer entre 5 et 7
milliards d'euros d'économies par an à partir de 2007.
Le gonflement de l'e-administration devrait accélérer dans les
années qui viennent la cure d'amincissement de l'État qui se
traduira en 2005 par le non-renouvellement de 7 122 postes de
fonctionnaire.
Mais ce n'est pas pour autant une affaire purement comptable.
Plus individualisée, l'administration électronique permet de
réduire le personnel du back office et de le redéployer vers des
métiers au contact direct des administrés, notamment pour les
plus exclus d'entre eux, victimes de la fracture sociale mais
aussi numérique. Quitte dans certains cas, comme pour le 3939,
le numéro unique de renseignements administratifs, à en confier
la gestion à une entreprise privée.
Directeur de la délégation aux usages de l'Internet, Benoît
Sillard prône le recours aux SMS pour signaler aux parents
l'absentéisme de leur progéniture. «C'est moins cher qu'un
courrier, ça demande moins de temps administratif et les parents
sont prévenus en un quart d'heure», explique-t-il.
«Missions délaissées». A Bercy, où les syndicats s'attendent à
ce que le succès de la télédéclaration pèse sur l'emploi, de 12
000 à 15 000 agents de la Direction générale des impôts (sur 75
000) travaillent à la saisie des feuilles d'impôts.
«Désormais, 10 % du travail est informatisé, analyse Vincent
Dreuzet du Syndicat national unifié des
impôts. Nous ne nions pas la nécessité
d'informatiser, mais à condition que les postes inutiles soient
reversés dans les missions délaissées, comme l'accueil et le
contrôle, ce qui n'est pas le cas.»
«Pourquoi pas, répond Renaud Dutreil, mais les agents des impôts
doivent comprendre que les économies réalisées chez eux peuvent
aussi servir pour embaucher des infirmières ou des policiers.»
|
|