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Le fisc relance à l'amiable 800.000
contribuables

AP | 21.11.05
| 17:28

PARIS
(AP) -- Environ 800.000 contribuables en France susceptibles d'avoir
minimisé par erreur leurs revenus 2004 ont reçu une lettre de
relance amiable du fisc, qui leur permettra pour la première fois de
régulariser leur situation sans aucune pénalité.
Comme chaque année, les services des impôts ont comparé les
déclarations de revenus 2004 avec les informations fournies par les
employeurs, les caisses de retraites, d'assurance-chômage ou les
banques pour déceler les écarts importants. Mais pour la première
fois, précise lundi la Direction générale des impôts (DGI), les
contribuables qui semblent avoir fait "de simples erreurs commises
de bonne foi" ont reçu un courrier leur demandant des explications.
Ils pourront, par simple courrier, accepter une correction à la
hausse de leur déclaration.
Dans ce cas, il n'y aura aucune sanction, promet la direction
générale des impôts: le contribuable concerné ne devra payer aucun
intérêt de retard et continuera de bénéficier de l'abattement de 20%
sur les salaires, ce qui est impossible en cas de contrôle fiscal
proprement dit.
Ceux qui estiment que leur déclaration est exacte pourront également
l'expliquer à leur centre des impôts, qui décidera d'accepter
l'explication ou d'organiser un classique contrôle fiscal pouvant
déboucher sur des sanctions. "Le contribuable a une chance
supplémentaire de régulariser sa déclaration. C'est intéressant", a
commenté Vincent Drezet, le secrétaire
national du Syndicat national unifié des impôts (SNUI).
"Il est tout à fait normal que certaines discordances apparentes
soient parfaitement explicables", souligne la DGI, qui cite
notamment le cas des contribuables bénéficiant d'un abattement sur
leurs salaires ou ceux qui sont soumis à la retenue à la source.
La DGI explique que cette nouvelle façon de faire doit permettre "de
mieux tenir compte de la bonne foi des contribuables" et de régler
"rapidement les situations qui peuvent l'être". Toutefois, les
contribuables soumis actuellement à un contrôle, ceux qui sont
considérés comme "récidivistes" ou qui ont fait de si grosses
erreurs que l'administration les soupçonne de mauvaise foi sont
exclus de ce système.
Mais les syndicats soulignent que cette relance induit une charge de
travail supplémentaire à laquelle les agents ne sont pas préparés.
"Il va falloir répondre très vite à près de 800.000 contribuables
qui ont reçu des lettres alors qu'on connaît déjà des conditions de
travail difficile", note Vincent Drezet.
"On nous demande plus, plus vite et avec moins de moyens", a-t-il
résumé, rappelant que les centres des impôts ont déjà eu du mal à
faire face à la gestion de la redevance audiovisuelle ces dernières
semaines.
"Comme pour la redevance, les agents doivent gérer la relance
amiable sans formation et sans information", a renchéri Florence
Peyrichou, secrétaire nationale chargée de la communication du
Syndicat national des agents de la direction générale des impôts-CGT.
AP |