Face
aux syndicats de son ministère qui dénoncent le budget 2006,
Thierry Breton "muscle" le volet social de son programme de
réformes
LE MONDE | 08.07.05 |
13h48 • Mis à jour le 08.07.05 | 13h57
hierry
breton n'a pas séduit les syndicats du ministère des finances.
Le Comité paritaire technique convoqué, jeudi 7 juillet, a
tourné court. Après le discours du ministre et leurs
déclarations, les syndicats ont quitté la réunion.
"On doit faire toujours plus
ou autrement, avec moins de moyens" , déplore Vincent
Drezet, représentant du Syndicat
national unifié des impôts (SNUI), qui dénonce une
"fuite en avant" , "sans contenu social" . Dans
le budget de l'Etat pour 2006, une diminution de 2 608 postes
est prévue pour le ministère des finances, qui a déjà perdu 2
210 postes l'année précédente.
Le ministre a toutefois entendu
certaines revendications syndicales et s'est efforcé de
"muscler" le volet social de son programme de réforme de
Bercy. Il renonce à cibler la prime de performance de 400
euros sur un effectif réduit (15 %), et propose d'accorder une
prime à l'ensemble d'une direction qui atteint ses objectifs.
D'un montant maximal de 150 euros, elle serait versée pour la
première fois en 2006.
"PAS DE PERDANTS"
M. Breton esquisse des plans de
promotion interne pluriannuels pour tenir compte de
l'évolution des compétences des agents. Il assure aussi qu'il
n'y aura "pas de perdants " dans les mouvements et a
demandé au secrétaire général du ministère, Jean Bassère, qui
a succédé à Philippe Parini, de "finaliser un dispositif de
garantie de rémunérations" . Plus innovant, le ministre
annonce des "mesures d'amélioration du dispositif d'aide au
logement des agents" , à travers la réservation de
logements sociaux pour les agents, notamment ceux qui arrivent
en premier poste en Ile-de-France.
Autant de garanties nécessaires
pour pouvoir demander, en échange, aux agents de Bercy de
poursuivre le développement des "synergies" entre les
directions. D'ici à 2008, tous les services fiscaux en
direction des entreprises, y compris le recouvrement de la
taxe professionnelle, seront regroupés dans 850 services
uniques, rebaptisés "services des impôts des entreprises"
.
M. Breton engage aussi un
mouvement pour les services aux particuliers, afin que les
contribuables aient "un point de contact unique avec
l'administration pour l'essentiel des démarches fiscales"
, qu'ils viennent pour une information fiscale, un problème
sur leur déclaration ou sur le règlement de leur impôt.
Jusqu'à présent, les deux premières actions ne pouvaient se
faire que dans les centres des impôts, la troisième dans le
réseau du Trésor public. Ces services sont appelés à se
rapprocher physiquement, dans les villes où cela est possible.
Dans les zones plus rurales, où il y a plus de trésoreries que
de centres des impôts, le ministre veut tester en 2006 des
échanges de compétences.
Le service des domaines,
aujourd'hui rattaché à la direction générale des impôts, va
être rapproché de la comptabilité publique, direction
financière de l'Etat.
Enfin, toujours dans l'idée de
gagner en efficacité, le ministre entend rapprocher les
réseaux de laboratoires d'analyse de produits des douanes et
de la direction de générale de la concurrence et de la
répression des fraudes.