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LA REFORME DES
IMPÔTS
Une
curieuse conception
des classes moyennes
NOUVELOBS.COM | 15.09.05 |
05:35
par Jean-Marcel Bouguereau,
rédacteur en chef au Nouvel Observateur et éditorialiste à la
République des Pyrénées, pour laquelle a été rédigé cet article
SUR LA FOI DES DECLARATIONS de Dominique de Villepin,
nous avions écrit le 2 septembre que son objectif était de
favoriser les classes moyennes, avec sa nouvelle réforme de
l’impôt. On pouvait déjà critiquer le fait que profitant aux
seuls 17 millions de foyers fiscaux qui payent l’impôt sur le
revenu, il aurait mieux valu s’attaquer à la TVA, impôt injuste
par excellence et que payent tous les Français, des chômeurs aux
cadres supérieurs. On connaît depuis hier une partie du
dispositif. Il faut avoir une curieuse conception des classes
moyennes pour trouver qu’elles sont bénéficiaires. Le salaire
médian annuel étant, en France, de 17000 euros, si l’on en croit
le syndicat national unifié,
ce contribuable, célibataire sans enfants, gagnerait, avec les
nouveaux barèmes seulement 81 euros, alors que celui qui va
déclarer 100 000 euros va bénéficier, lui, de 648 euros.
D’autant que la baisse du nombre de tranches de 7 à 5 va
affecter l’une des caractéristiques principales de l’impôt sur
le revenu, sa progressivité qui fait que plus le contribuable
est fortuné plus la pression fiscale qui va peser sur lui est
forte.
En réduisant cette progressivité, ces réductions d’impôt vont
bénéficier aux contribuables les plus aisés. A cela s’ajoute une
deuxième mécanisme qui va dans le même sens, la suppression de
l’abattement de 20 % ne pourrait profiter qu’à ceux qui
jusqu’ici n’en bénéficient pas. Et qui sont-ils ? Certains
revenus fonciers, des revenus de capitaux mobiliers, de
plus-values immobilières et de certains revenus professionnels
non-salariés, ainsi que tous les contribuables dépassant le
plafond de 117 900 euros au delà duquel cet abattement ne joue
plus ! Comme dans le même temps Dominique de Villepin a annoncé
un plafonnement limitant le montant total des prélèvements ( à
60 % des revenus selon Bercy, à 50 % selon Sarkozy…), ceci va
baisser l’impôt sur les grandes fortunes. Une fois de plus, au
moment où l’impôt sur le revenu arrive tout juste à financer les
intérêts de la dette, on tire des traites sur l’avenir. Une
avenir présidentiel : les réductions d’impôts ne pouvant être
financées en 2006, elles n’interviendront qu’en 2007, année de
l’élection présidentielle.
D’ailleurs, la totalité de la baisse pourra s’appliquer dès le
payement du premier tiers, justement quelques jours avant le
scrutin présidentiel… J.-M. B.
(le jeudi 15 septembre
2005) |
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