Déclaration
préremplie et contrôle fiscal
Sarkozy veut faciliter la vie des contribuables
Anne Rovan
[03 novembre
2004]
Le Syndicat
national unifié des impôts (Snui) a vivement
réagi aux informations révélées hier par Le Figaro :
le lancement d'un test grandeur nature dans trois
départements concernant la déclaration de revenu préremplie,
et la réforme du contrôle fiscal des entreprises. Le Snui
considère que la déclaration préremplie est
«techniquement difficile à mettre en oeuvre», et
souligne à propos de la réforme du contrôle fiscal que
«cela satisfait les attentes du Medef» mais qu'il
veillera de son côté à «l'égalité de traitement des
contribuables devant la loi». Ces mesures que n'a pas
démenties Bercy devraient être au coeur des dispositions
qu'annoncera ce matin Nicolas Sarkozy pour améliorer les
relations entre le contribuable et l'administration fiscale.
Certaines d'entre elles, d'ordre législatif, devraient être
inscrites dans la loi de finances rectificative de 2004
tandis que d'autres, plus contractuelles, pourraient être
insérées dans une charte interne à la Direction générale des
impôts.
Les entreprises, qui se plaignent souvent des lourdeurs des
contrôles fiscaux, pourraient en tout cas accueillir
plusieurs d'entre elles avec soulagement. Car elles vont
dans le sens d'une plus grande sécurité juridique. De là à
les présenter comme un des moyens de renforcer
l'attractivité de la France, il n'y a qu'un pas... que le
ministre des Finances pourrait franchir lors de cette grande
conférence de presse.
Plutôt que d'attendre de subir un contrôle fiscal, une des
mesures phares consisterait à donner aux entreprises la
possibilité de saisir de leur propre chef l'administration
sur les points qui lui posent problème. En contrepartie de
quoi, elles seraient peut-être redressées mais en aucun cas
sanctionnées.
Une autre mesure porterait sur l'engagement du vérificateur.
Actuellement, seuls les points donnant lieu à redressement
fiscal sont communiqués par écrit à l'entreprise. En
revanche, les documents écrits font l'impasse sur les points
contrôlés qui n'ont entraîné aucune difficulté. Cela ne
poserait pas de problème s'il n'arrivait parfois qu'un autre
vérificateur, ayant une lecture différente de la législation
fiscale, ne sanctionne un point particulier après qu'un de
ses collègues eut donné implicitement son accord. Inutile de
préciser que ce manque de lisibilité peut être très
perturbant pour les entreprises. Afin de leur garantir une
plus grande sécurité juridique, les vérificateurs seraient
dorénavant tenus de s'engager par écrit sur les points
contrôlés qui n'ont posé aucun problème.
Une troisième mesure consisterait à limiter la durée de la
vérification pour les moyennes et les grandes entreprises,
autrement dit le temps que le vérificateur passe dans ces
entreprises. Selon nos informations, elle ne pourrait
excéder neuf mois. A ce jour, seules les petites entreprises
bénéficiaient d'une telle disposition |