Toujours plus avec moins, à Bercy, ils disent stop !
Emploi . Des agents des finances ont défilé hier à Paris pour dénoncer, à l’appel de la CGT, du SNUI-FDSU et de l’UNSA, les suppressions de postes et les réformes
« Les dossiers ne sont pas traités entièrement, faute de temps, et de nombreux contribuables sont lésés. Suite aux réformes de structure, une directive interne nous oblige à ne pas dépasser les dix minutes par contribuable. Bien sûr, les gens se sentent démunis face à l’administration fiscale qu’ils considèrent comme une machine infernale. Comme notre hiérarchie nous chronomètre, concrètement, elle ne nous laisse pas le temps nécessaire de donner aux contribuables les explications auxquelles ils ont droit. » Les propos de Christelle, agent des impôts membre du SNUI, sont sans détour et recoupent le sentiment qui traverse la manifestation organisée hier à Paris, entre Nation et Bercy par les syndicats CGT, SNUI et UNSA du ministère des Finances et de l’Économie.
LE DÉCOURAGEMENT
Les 170 000 agents du Minefi étaient appelés à la grève. Les syndicats posent la question : peut-on demander aux agents de ne parler désormais qu’en termes de « productivité » ou de « rentabilité » ? La banderole géante déployée par la fédération CGT des finances en tête de manifestation semble répondre par la négative : « Pour un ministère des Finances avec des moyens au service du plein-emploi et des besoins sociaux. » Gillette, syndiquée à la CGT, travaillant au service des recettes professionnelles dans la région Centre, explique. « Nous sommes en contact avec les entreprises. Avant, un agent était responsable d’un secteur particulier et une entreprise avait pour interlocuteur une seule et même personne au sein de l’administration fiscale. Par conséquent, nous connaissions très bien les dossiers. Aujourd’hui, avec la réforme, on nous demande d’être polyvalents et une entreprise peut avoir une quinzaine d’interlocuteurs différents. Un artisan qui rencontre un problème fiscal peut alors se retrouver empêtré avec quatre ou cinq réponses différentes. » Stéphane, agent des impôts et syndiqué à l’UNSA va dans le même sens : « Avant les réformes, notre technicité nous permettait de répondre très précisément à chaque cas. Aujourd’hui, on nous demande d’être polyvalents et sous couvert de performance, on doit accorder un temps minimum à chaque personne. Les dossiers ne sont donc pas traités avec le soin qu’ils mériteraient. Et les agents se découragent face à la dégradation du service public des impôts et face à la pression de la hiérarchie. »
Les syndicats demandaient hier l’arrêt des suppressions d’emplois (le Minefi est l’administration la plus touchée avec 2 608 suppressions de postes de fonctionnaires programmées pour 2006, après 2 200 en 2005), l’ouverture de réelles négociations sur les moyens et le rôle du service public économique, fiscal et douanier, l’amélioration des conditions de travail et la hausse du pouvoir d’achat. Une délégation devait être reçue hier après-midi à Bercy à l’issue de la manifestation. D’après les échos précédant cette rencontre, le gouvernement souhaitait continuer d’entendre, sans toutefois écouter.
Sébastien Ganet

La modernisation de Bercy suscite le malaise des agents

Une partie des fonctionnaires du ministère de l'Économie et des Finances ont manifesté hier leur ras-le-bol devant l'accumulation des réformes.

 

La mobilisation n'a sans doute pas été à la hauteur des espé­rances des syndicats. Trois organi­sations (CGT, FDSU et Unsa) avaient appelé les agents des fi­nances à cesser le travail hier. Au niveau ministériel, la participa­tion a été évaluée à 16,07 %, bien loin des 38 % enregistrés le 4 oc­tobre. Mais, prévient Vincent Dre­zet du Syndicat national unifié des impôts (Snui), «il serait dange­reux pour Bercy de se réfugier der­rière ce discours commode pour mini­miser le malaise» des fonctionnaires face à l'accumulation des ré­formes.

En 2006, la moitié des postes de fonctionnaires supprimés le seront au sein de l'administration de l'Économie et des Finances. « Depuis 2004, le taux de suppres­sion d'emplois à Bercy par rapport au nombre de départ à la retraite atteint 45 % », souligne Vincent Drezet et « nous attendons de Thierry Bre­ton du contenu sur l'ambition sociale des réformes» à l'occasion le 16 dé­cembre du Comité technique pa­ritaire ministériel (CTPM).

À cette occasion, le ministre précisera les mécanismes d'inté­ressement à la performance mis en œuvre pour accompagner la réforme. Dans le cas où tous les objectifs du contrat de perfor­mance sont atteints, les agents toucheraient une prime d'un montant moyen de 150 euros. Un système qui a déjà été anti­cipé à la DGI et au Trésor public (DGCP) où en octobre, au titre des résultats 2004, 70.000 agents ont reçu entre 140 et 320 euros.

Lors de ce CTPM, Thierry Breton présentera les modalités de l'application de l'interlocu­teur fiscal unique (IFU) pour les particuliers. Dans les grandes villes, il sera procédé à un rap­prochement physique des ser­vices, avec une localisation dans un même immeuble des services de la DGI et de la DGCP. Pour les zones rurales, sera expérimen­tée dès 2006 « la délégation croisée de compétences » afin qu'un contri­buable obtienne une réponse à ces questions qu'il se rende dans un centre des impôts ou dans une trésorerie.

 

À marche forcée. C'est à la di­rection générale des impôts (DGI) que la mobilisation a été la plus forte avec 30 % de grévistes. Une participation qui s'explique par la forte représentation des syndicats appelant à la grève dans cette di­rection mais aussi par la forte pres­sion à laquelle ont été soumis les agents de cette direction ces der­niers mois. Réforme de la collecte de la redevance télé, montée en puissance des té­lédéclarations, mise en place de la procédure de relance amiable... les réformes se multiplient et le nombre de contentieux explose. Ces fonctionnaires expérimen­tent à marche forcée la mo­dernisation de l'État et re­grettent un manque de visibilité sur l'évolution de leurs métiers et des missions du ministère.

À Bercy, on admet être dans une période « un peu cri­tique» puisque le contrat de per­formance 2003-2005 arrive à son terme. L'élaboration du prochain contrat de performance devrait permettre de donner une nou­velle perspective tout en conser­vant les mêmes priorités: mo­dernisation au service de l'usager et gains de productivité.

Anne Eveno

Bercy Un agent des impôts sur trois en grève hier

«BRETON, tu nous dois du pognon ! Non à la destruction de l'emploi et des services publics ». Hier, plus de 5 000 agents du ministère des Finances ont défilé, à Paris, à l'appel de trois syndicats (Snui-FDSU, CGT, Unsaa). Motif de leur mécontentement : les suppressions d'emploi et la « pagaille » causée par les réformes permanentes au sein du ministère.
Avec 2 608 emplois supprimés en 2006, Bercy est le ministère le plus touché par la baisse des effectifs de la fonction publique prévue dans le budget. Au total, 20 % des agents étaient en grève sur l'ensemble du ministère. Selon les syndicats, les réformes de la redevance audiovisuelle et la « relance amiable » de l'impôt sur le revenu ont entraîné un surplus de travail pour les agents des impôts, qui n'ont bénéficié d'aucune création d'emploi supplémentaire.

Bercy, le ministère des Finances - France 2

 Manif des agents de finances à Paris

de 2 à 5000 agents des Finances, selon les sources, venus de diverses régions de France, ont manifesté mardi à Paris

Ils dénonçaient les suppressions d'emploi et "la pagaille" causée, selon eux, par de récentes réformes.
Une délégation des syndicats CGT, SNUI-FDSU, Unsa, qui appelaient à manifester et à observer une journée de grève, a été reçue à Bercy où un conseiller du ministre Thierry Breton a annoncé la tenue d'un comité technique paritaire le 16 décembre.
Les manifestants ont défilé de la Place de la Nation vers le ministère des Finances à Bercy.
"Services publics, emploi, salaires, conditions de travail : Bercy doit négocier", pouvait-on lire sur la banderole de tête. "Breton, tu nous dois du pognon ! Non à la destruction de l'emploi et des services publics", indiquait celle de la FDSU.
Les syndicats dénoncent le fait que 50% des emplois de fonctionnaires supprimés en 2006 - soit 2.608 - le seront au seul ministère des Finances ).
Ils soulignent que les réformes de la redevance audiovisuelle et de la "relance amiable" de l'impôt sur le revenu ont semé la confusion chez de nombreux contribuables, entraînant un surplus de travail pour les agents des impôts, qui n'ont bénéficié d'aucune création d'emploi supplémentaire.

Mobilisation en demi-teinte des agents de Bercy

RÉFORME
L'appel à la grève lancé par trois fédérations a été suivi par 20% des fonctionnaires de l'Économie. Un recul sensible par rapport à octobre.
Anne Rovan
[30 novembre 2005]

BERCY redoutait une mobilisation record des agents du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Les trois fédérations – CGT, FDSU et UNSA – qui appelaient à la grève pour dénoncer les baisses d'effectifs, réclamer l'arrêt des réformes ainsi que davantage de pouvoir d'achat ont été beaucoup moins suivis que lors de la précédente journée d'action : 20% de grévistes hier contre 38% le 4 octobre, selon les chiffres communiqués par Bercy.

«C'est bien la preuve que le message de Thierry Breton sur la nécessité de poursuivre les réformes commence à passer», indiquait dans l'après-midi l'entourage du ministre de l'Économie.

De fait, le faible taux de participation a de quoi surprendre. Bercy est, avec le ministère de l'Équipement, un des seuls «bons élèves» de la réforme de l'État. «Fusion» des centres des impôts et des recettes (Trésor public) réalisées au cas par cas sur le terrain, rapprochement des laboratoires d'analyses des Douanes et de la Concurrence, transfert du service des Domaines de la direction des impôts à la comptabilité publique, pas un des compartiments du ministère n'échappe aux réorganisations. Sans compter les baisses d'effectifs. L'année prochaine, le ministère absorbera la moitié des suppressions d'emplois programmées dans la fonction publique d'État.

Pour autant, le chiffre global de grévistes mérite d'être nuancé. Car la mobilisation a été très différente d'une direction à une autre. Dans l'attente de leur propre journée d'action, vendredi, seuls 6% des douaniers ont cessé le travail hier. L'Insee affichait également une participation très faible avec 3% de grévistes. Les syndicats ne sont pas non plus parvenus à convaincre les agents du Trésor puisque seuls 3% ont cessé le travail. Comment pouvait-il en être autrement sachant que ni la CFDT, ni FO qui est majoritaire au sein de cette direction de Bercy n'appelaient pas à cette grève ?

30% de grévistes aux impôts

Reste les agents des impôts. A défaut d'obtenir un «score» aussi élevé que le 4 décembre (47% de grévistes), les syndicats ont mobilisé 30% des effectifs selon Bercy et 35% selon le SNUI. «La direction générale des impôts a fait passer une note interne demandant aux directeurs des services fiscaux de ne pas communiquer aux syndicats de chiffres sur le taux de participation au niveau de leur département, indiquait hier Vincent Drezet du SNUI. Cette nouvelle pratique nous étonne.»

Voilà qui en dit long sur le climat social qui règne depuis quelques semaines à la DGI. «Avec la réforme de la redevance audiovisuelle puis la lettre de relance amiable, les agents ont reçu et continuent à recevoir beaucoup d'appels, explique Vincent Drezet. La mobilisation d'hier ne doit pas être regardée sous le seul angle du taux de participation. Elle traduit un mécontentement profond et durable car on assiste aussi à une multiplication des conflits locaux.» Les agents des centres des impôts de Nantes et Clermont-Ferrand auraient récemment décidé, le temps d'un après-midi, de ne plus répondre aux appels téléphoniques des contribuables. Une pratique qui, depuis, se serait étendue à d'autres centres.


Social
Plusieurs milliers de fonctionnaires de Bercy dans les rues de Paris

AP | 29.11.05 | 18:25
PARIS (AP) -- Plusieurs milliers de fonctionnaires de Bercy (2.000 selon la police, plus de 5.000 selon les syndicats) ont manifesté mardi à Paris pour exiger l'arrêt des suppressions de postes, des restructurations et des restrictions budgétaires dans les services du ministère des Finances.
Les manifestants venus de plusieurs régions de France ont défilé en milieu d'après-midi entre la place de la Nation et le ministère des Finances à l'appel de la CGT, de l'UNSA et de la Fédération des syndicats unitaires (FDSU, qui regroupe notamment Sud et le Syndicat unifié des impôts, SNUI).
"Pour un ministère des Finances avec des moyens au service du plein emploi et des services publics" ou encore "Non à la destruction de l'emploi et des services publics", pouvait-on lire sur deux grandes banderoles de la CGT.
Les syndicats avaient appelé à une grève de 24 heures dans tous les services du ministère à l'occasion de cette journée d'action. Selon le SNUI, 35% des personnels de la Direction générale des impôts (DGI) avaient cessé le travail mardi. Le syndicat ne disposait pas en revanche d'un chiffre global sur l'ensemble du ministère.
Bercy, de son côté, ne fournissait aucune donnée sur cette grève mardi en début de soirée.
Les syndicats dénoncent notamment la suppression de 7.000 postes depuis trois ans à Bercy et celle programmée de 2.500 postes supplémentaires en 2006.
La situation dans les différents services du ministère devrait être évoquée avec l'ensemble des syndicats à l'occasion d'un comité technique paritaire le 16 décembre prochain. AP