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FINANCES
Effectifs et économies en débat
L'épisode de la
télédéclaration pourrait tendre le climat social à Bercy
Les cafouillages sur la télédéclaration pourraient-ils crisper
le dialogue social qui a cours à Bercy ? Au regard des projets
en cours, il ne fait aucun doute que les hauts fonctionnaires du
ministère se seraient volontiers passés de ce souci.
Depuis plusieurs semaines, la Direction générale des impôts
(DGI), la Direction du budget et le secrétariat général
travaillent – dans le plus grand secret – à l'élaboration du
prochain contrat de performance de la DGI. Ce texte, qui a
vocation à prendre le relais du premier contrat 2003-2005,
fixera les grands objectifs à atteindre à l'horizon 2008 –
améliorer la qualité de service, augmenter la productivité,
donner davantage d'espace au dialogue social de terrain, etc. –
et les moyens nécessaires pour y parvenir – évolution des
effectifs, investissements informatiques, etc. Nul doute que les
indicateurs de civisme fiscal seront aussi évoqués noir sur
blanc. Notamment celui ayant trait au nombre de contribuables
ayant remis leur déclaration dans les délais et qui promet
d'être un peu secoué cette année...
Sans faire explicitement référence au nouveau contrat de la DGI,
Thierry Breton a donné le «la», vendredi, lors d'une rencontre
avec les syndicats. A l'issue de la rencontre consacrée à la
modernisation du ministère, un communiqué indique que Bercy doit
«mieux répondre aux attentes des Français en matière de qualité
du service» et «approfondir la culture de performance».
Certes, le contrat de la DGI n'est pas un accord social et n'a
donc pas vocation à être négocié avec les syndicats. Certains
d'entre eux pourraient toutefois utiliser le couac de la
télédéclaration pour tenter d'infléchir son contenu.
«Nous ne voulons pas tirer à boulets rouges sur
l'informatisation de Bercy que nous avons par ailleurs réclamée,
indique Vincent Drezet, secrétaire général du
Syndicat national unifié des impôts (Snui). Cela
étant, nous ferons un bilan des problèmes après le 15 mai.»
Nul doute que certains n'hésiteront pas à dresser un bilan
cinglant. A commencer par ceux qui sont persuadés, à tort ou à
raison, que le développement de la télédéclaration symbolise la
stratégie globale d'informatisation «à marche forcée» et de
baisse des effectifs voulue par Bercy.
Depuis 2001, le ministère fait en effet évoluer – par étapes
successives – les systèmes d'information fiscaux de la DGI et de
la Direction générale de la comptabilité publique (DGCP) vers un
système unique appelé Copernic. Un des plus lourds chantiers à
venir consistera à construire un programme unique des
recouvrements par la fusion de ceux incombant à la DGCP (impôt
sur le revenu et impôts locaux) et de ceux pris en charge par la
DGI (impôt sur les sociétés, taxes sur les salaires, TVA, etc.).
Compte tenu de l'ampleur de la tâche, Copernic doit se déployer
jusqu'en 2009 pour un investissement total de 1,3 milliard. A la
clé, plusieurs centaines de millions d'euros d'économie par an à
partir de 2006, selon Bercy. Ce à quoi les syndicats pourraient
répondre que Copernic s'est traduit par 2 500 suppressions de
postes à la DGI depuis 2003. Et que le système est loin d'être
parfait au plan technique.
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