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Vincent Drezet de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires
Le livre d’Attac Pour un « big bang
fiscal », coordonné par Vincent Drezet de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires


Les
guides pratiques
du Contribuable

Le SNUI édite le numéro 2 de ses « Chroniques
fiscales »

Quelle
Europe fiscale ?
Fiscalité et justice fiscale


Rapport du SNUI sur l’état de la lutte contre la
fraude fiscale

Le texte des « Chroniques
fiscales N° 1»

Après
le "Serpent Fiscal" le dernier livre du Snui :
"Quels impôts demain"


Le serpent fiscal européen


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Zone Franche : région bordelaise. Analyse des
mesures fiscales
Mars 1997
Pacte de relance pour la ville, le dessous des zones
franches
Ou comment bénéficier de plus de 200.000 F de
réduction d'impôts sans aucune obligation
Connaissez vous, les Z.F.U, en clair les Zones Franches Urbaines?
Il s'agit de zones de redynamisation urbaine composées de
quartiers de plus de 10000 habitants particulièrement
défavorisés.
La création de zones franches s'accompagne des mesures
fiscales et sociales suivantes pour les contribuables
installés ou s'y installant, y compris ceux dont
l'installation est consécutive au transfert en zone franche
d'une activité exercée auparavant hors zone.
Il s'agit principalement :
- d'une exonération d'impôt sur le revenu ou
d'impôt sur les sociétés, pendant cinq ans,
dans une limite annuelle de 400 000 F, à raison des
bénéfices réalisés par des entreprises
implantées dans les zones franches.
- d'une exonération temporaire de plein droit de taxe
professionnelle au profit des entreprises de moins de 50
salariés pour une durée de cinq ans.
- d'une exonération de taxe foncière des locaux
professionnels situés dans la Z.F.U et affectés
à une activité concernée par
l'exonération.
On peut discuter de l'efficacité de ces mesures, on peut
essayer de comprendre leurs motivations:
- il s'agit d'encourager les commerçants, artisans et
membres des professions libérales à demeurer ou
à s'installer dans des quartiers difficiles
(généralement situés dans des banlieues).
Dans la région Bordelaise, la Z.F.U s'étend sur des
quartiers de Cenon, Floirac, Lormont et Bordeaux, elle devrait
concerner près de 1300 entreprises déjà
installées dans la zone, plus celles qui s'y installeront.
L'exonération d'impôt apparaît comme une sorte de
prime destinée à compenser un effort particulier,
nécessaire au maintien d'un tissu économique dans ces
quartiers.
L'exonération de taxe professionnelle - dans la limite d'une
base nette de 3 millions - peut sans doute améliorer la
trésorerie des entreprises, mais dans des proportions
relativement modestes puisqu'elles équivaut à une
augmentation du chiffre d'affaires comprise entre 1 et 4%.
L'avantage que représente l'exonération est donc de
toucher toutes les entreprises et pas seulement celles qui sont en
bonnes santé.
L'exonération de taxe professionnelle va augmenter les
bénéfices taxables - dans la mesure où elle est
déductible, normalement, des résultats de l'entreprise
- or ceux-ci vont être également exonérés
à concurrence de 400 000 F (cf ci après).
L'exonération d'impôt sur les bénéfices
avantage les entreprises qui réalisent des
bénéfices puisque, par définition, les
entreprises déficitaires ne paient pas d'impôt; elle est
donc inutile pour améliorer la situation des entreprises en
difficulté; elle est très insuffisante pour relancer la
demande intérieure, puiqu'elle ne concerne qu'une fraction de
la population.
Cette mesure n'apportera donc rien aux entreprises en
difficulté, au contraire, elle renforcera les entreprises
prospères qui verront leur position améliorée
par rapport aux autres entreprises, et elle peut même
être analysée comme une mesure anticoncurrentielle.
Les conséquences de l'exonération ne sont pas tout
à fait les mêmes pour les sociétés et pour
les entreprises individuelles.
L'exonération d'impôt sur les sociétés
touche principalement l'entreprise. Deux cas de figure se
présentent:
- ou bien le bénéfice exonéré est
conservé dans l'entreprise, celle-ci profite alors de
l'exonération d'impôt pour améliorer sa
trésorerie ou diminuer son endettement, ce qui lui est
favorable, ainsi qu'à ses salariés.
- ou bien le bénéfice est (totalement ou
partiellement) distribué aux actionnaires; dans ce cas le
bénéfice exonéré d'impôt sur les
sociétés est imposé au nom de la personne qui
perçoit la distribution, et la société
acquitte un précompte égal à la moitié
des sommes distribuées. De fait, le bénéfice
n'est donc exonéré que dans la mesure ou il n'est
pas distribué.
L'exonération d'impôt sur le revenu pour les
bénéfices industriels, commerciaux et professions
libérales n'a pas les mêmes effets.
Dans ce cas, en effet, l'entreprise ne se distingue pas de
l'exploitant: celui-ci appréhende la totalité du
bénéfice réalisé qui est ajouté
aux autres revenus éventuellement perçus par
l'exploitant et soumis à l'impôt sur le revenu.
L'exonération de cet impôt se traduit donc par une
augmentation du revenu net équivalent à l'impôt
non payé : c'est un cadeau pur et simple fait aux
commerçants et aux professions libérales qui
réalisent des bénéfices.
Le plafonnement à 400 000F du bénéfice
exonéré ne veut pas dire que seuls les
bénéfices inférieurs à cette somme sont
exonérés. Il signifie simplement que la partie du
bénéfice supérieure à 400 000 F n'est pas
exonérée. Certains gros exploitants pourront
bénéficier d'une diminution d'impôt qui pourra
être supérieure à 200 000 F, comme le montre un
des exemples, pris sur une situation réelle figurant en
annexes.
On va donc voir des patrons exonérés de tout ou partie
de leur impôt sur le revenu alors que leur employés
payés au SMIC demeureront redevables du même
impôt.
C'est pourquoi M. JUPPE se moque du monde lorsqu'il prétend "
qu'il ne s'agit pas de multiplier les avantages au profit de
catégories particulières de contribuables ". En fait il
n'existe aucune justification économique sérieuse aux
exonérations d'impôts sur les bénéfices
des sociétés et des exploitants individuels.
Personne ne peut croire que ces exonérations se traduiront par
des embauches supplémentaires puisque le
bénéfice de ces mesures fiscales n'est
subordonné à aucune condition d'embauche. Celles-ci
dépendent d'abord des perspectives de débouchés,
donc d'activité. Une entreprise recrutera, si elle a besoin
d'employés pour faire face à une augmentation de la
demande.
Le nombre d'entreprises qui vont recruter parce qu'elles ont besoin
de main d'oeuvre supplémentaire mais ne pouvaient en supporter
le coût avant la création des zones franches sera
extrêmement limité au regard de l'ampleur de la mesure,
de son coût et des avantages sans contrepartie qu'elle
procurera à une fraction de la population déjà
privilégiée.
On sait bien d'ailleurs que l'exonération partielle de taxe
professionnelle a été utilisée par certains
commerçants et libéraux pour améliorer leur
train de vie par l'achat de biens ou la réalisation de
voyages. A tout le moins, on aurait pu réserver
l'exonération d'impôts sur le revenu aux
bénéfices demeurant investis dans l'entreprise pour
améliorer la situation financière, pour embaucher ou
pour rembourser les emprunts.
Le seul résultat concret sera un transfert d'entreprise vers
ces zones franches. Cette " ruée vers l'or " est
déjà en cours et ce fait au détriment d'autres
collectivités locales et cela sans création
réelle d'emplois.
En accordant l'exonération aux bénéfices
appréhendés, le gouvernement favorise ouvertement
certaines des couches les plus aisées de la population, comme
il le fait avec sa " réforme fiscale " sur l'ensemble du
territoire.
Mais où est donc la justice fiscale quand dans une zone
urbaine type HLM située en Z.F.U les citoyens à revenus
modestes s'acquittent de leurs impôts sur le revenu et locaux,
alors que d'autres aux revenus importants bénéficient
de réduction d'impôt pouvant atteindre plus de 200
000F?
Comment les Services Fiscaux vont-ils pouvoir assurer en toute
sérénité leur missions de contrôle fiscal
aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers? Il ne leur
sera guère facile de continuer le contrôle de redevable
modestes, de rejeter des demandes de remises gracieuses.
Que répondre au contribuable SMICARD habitant
principalement ces zones qui doit payer son impôt, alors que
dans le même temps, d'autres avec 400 000 F de revenus en sont
exonérés.
ANNEXE
Calculs des avantages pour des contribuables individuels (à
partir de dossiers réels).
Etabli sur des revenus 1995 avec le barème 1996.
- 1er Cas : M. X - Marié, 1 enfant, 2,5 parts
|
Salaires
|
230.000 F
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-déd 10%
|
-23.000 F
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|
|
-Abat 20%
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-41.400 F
|
|
|
Salaire Net
|
165.600 F
|
165.600 F
|
|
Bénéfice Non Commerciaux
|
1.111.357 F
|
|
|
-Abatt. Assoc. Agrée
|
-138.600 F
|
|
|
Bénéfice Non Commerciaux nets
|
972.757 F
|
972.757 F
|
|
Revenus Fonciers nets
|
|
21.000 F
|
|
REVENU BRUT GLOBAL
|
|
1.159.350 F
|
|
Impôt sur le revenu
|
|
488.258 F
|
|
Prélèvement social 1%
|
|
210 F
|
|
Total de l'imposition
|
|
488.468 F
|
AVANTAGE PROCURE PAR LA ZONE FRANCHE :
|
Salaire Net
|
|
165.600 F
|
|
Bénéfice Non Commerciaux
(1.111.357 -400.000 )
|
711.357 F
|
|
|
-Abatt. Assoc. Agrée
|
-138.600 F
|
|
|
Bénéfice Non Commerciaux nets
|
572.757 F
|
572.757 F
|
|
Revenus Fonciers nets
|
|
21.000 F
|
|
REVENU BRUT GLOBAL
|
|
759.357 F
|
|
Impôt sur le revenu
|
|
272.258 F
|
|
Prélèvement social 1%
|
|
210 F
|
|
Total de l'imposition
|
|
272.468 F
|
- 2eme Cas : M. Y - Marié - 2 enfants - 3 parts
|
Bénéfice Non Commerciaux
|
565.410 F
|
|
|
-Abatt. Assoc. Agrée
|
-113.082 F
|
|
|
Bénéfice Non Commerciaux nets
|
452.328 F
|
452.328 F
|
|
REVENU BRUT GLOBAL
|
|
452.320 F
|
|
Impôt sur le revenu
|
|
99.012 F
|
|
Réduction d'impôt
|
|
- 1.500 F
|
|
Total de l'imposition
|
|
97.512 F
|
Avantage procuré par la zone franche
|
Bénéfice Non Commerciaux
(565.410-4000.000
|
165.410 F
|
|
|
-Abatt. Assoc. Agrée
|
-33.082 F
|
|
|
Bénéfice Non Commerciaux nets
|
132.328 F
|
132.328 F
|
|
REVENU BRUT GLOBAL
|
|
5.826 F
|
|
Impôt sur le revenu
|
|
99.012 F
|
|
Réduction d'impôt
|
|
- 1.500 F
|
|
Total de l'imposition
|
|
4.326 F
|
- 3eme Cas : M. Z - Marié - 2 enfants - 3 parts
|
Bénéfice Non Commerciaux
|
510.000 F
|
|
|
-Abatt. Assoc. Agrée
|
-102.000 F
|
|
|
Bénéfice Non Commerciaux nets
|
408.000 F
|
408.000 F
|
|
REVENU BRUT GLOBAL
|
|
408.000 F
|
|
Impôt sur le revenu
|
|
82.228 F
|
Avantage procuré par la zone franche.
|
Bénéfice Non Commerciaux
(510.000 F -400.000 F)
|
88.000 F
|
|
|
-Abatt. Assoc. Agrée
|
-22.000 F
|
|
|
Bénéfice Non Commerciaux nets
|
88.000 F
|
452.328 F
|
|
REVENU BRUT GLOBAL
|
|
88.000 F
|
|
Impôt sur le revenu
|
|
1.173 F
|
|
Décote
|
|
- 1.173 F
|
|
Total de l'imposition
|
|
0 F
|
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