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Istanbul le 2 juillet 2010 Finally we are all P.I.G.S. ? (Europe in crisis) Finalement nous sommes tous des P.I.G.S[1] (des portugais, des irlandais, des grecs, des espagnols…) l’Europe en crise Ce séminaire animé par le forum social grec, ATTAC, Solidaires, Transform, COBAS et FIOM, partant du constat de la crise en Grèce essayait de faire le lien entre tous les pays européens afin d’en tirer les conclusions et alternatives possibles à ce qui nous est globalement présenté comme inéluctable. Si la Grèce est effectivement un des pays le plus vulnérable économiquement et socialement parlant et que sa dette est effectivement trop élevée, il est nécessaire de nous attarder sur la construction de la crise afin d’en saisir les mécanismes et les enjeux. Seule cette approche nous permettra d’espérer trouver des alternatives crédibles. La crise, s’est construite en trois phases : La première phase, est la fameuse crise des subprimes. Il s’agit d’une crise financière et bancaire qui ne doit son salut qu’à un interventionnisme étatique que certains qualifient de retour au keynésianisme, dans lequel l’argent public a joué n rôle majeur. En effet, le sauvetage du système bancaire a été rendu possible par l’injection de 1 700 milliards de $ ! La deuxième phase a été constituée de la transformation de cette crise en récession où l’Europe a été plus durement touchée que les USA. Cette phase a elle aussi été contenue par les interventions étatiques. Ces deux premières phases ont finalement abouti à une accumulation des dettes privées qui ont été transformées en dettes publiques. La troisième et dernière phase est celle de la crise de la dette publique. Elle a d’abord éclaté dans la zone euro car la construction néo-libérale de celle-ci n’a pu contenir les attaques des marchés financiers. Cet édifice assit sur le dumping fiscal et social, sur la concurrence entre Etats, n’a en réalité fait qu’aggraver l’hétérogénéité des différents pays. On peut citer plusieurs modèles de réalités économiques divergentes : le Royaume Uni est bâti sur un développement avant tout financier, l’Espagne sur un modèle de développement immobilier basé sur l’endettement, et l’Allemagne sur un modèle de cure d’austérité qui a permis de développer les exportations à l’intérieur de la zone euro. C’est bien cette divergence économique qui a conduit les marchés financiers à s’attaquer aux Etats les plus fragiles. Entre 2000 et 2007, la part des salaires par rapport au PIB a chuté de 5 %. A l’attaque des marchés financiers, on a pu assister dans la même temps à un phénomène d’endettement des états qui ont dus emprunter aux banques à des taux prohibitifs alors que ces mêmes banques empruntaient elles auprès de la BCE à des taux quasiment nuls ! Les Etats se retrouvent ainsi aux mains des marchés financiers et les écarts des taux d’intérêts continuent de se creuser de manière dramatique à l’intérieur de la zone euro. Le coût de la dette devient dès lors exorbitant pour les Etats qui ne peuvent plus financer leur simple fonctionnement. Comment sortir de cette situation ? Les états imposent aux populations des plans d’austérité afin de réduire les déficits publics. Ces politiques injustes, socialement coûteuses, n’ont en plus aucune chance d’aboutir. Comment espérer par exemple faire passer le déficit de la Grèce de 13 % à 3 % en seulement 3 ans ? C’est tout simplement impossible ! On se retrouve dès lors dans une situation comparable à celle des années trente. A une aggravation de la concurrence entre états, il faut rajouter des déficits irréductibles et une crise financière qui risque de rebondir. Pour éviter ce scénario, il est possible d’agir à trois niveaux : - de la sphère financière : casser la logique de la dette et permettre véritablement aux états de sortir des marchés financiers en permettant à la BCE de prêter directement aux états ; - d’un nouveau partage des richesses produites en harmonisant les droits sociaux par le haut ; - d’une remise en cause de l’architecture institutionnelle de l’Europe. La partie de la crise due à la déréglementation n’a été enrayée par aucun état. L’attaque des droits sociaux qui s’en est suivie est plus violente que jamais. Aux trois niveaux précédemment envisagés, nous pouvons rajouter celui de socialiser et démocratiser le système bancaire. Une taxation des transactions financières devrait permettre de trouver des ressources afin d’imposer un modèle social et écologique basé sur des services publics et sur un meilleur partage du travail, vecteur de créations d’emplois pour tous. Le constat est fait de l’insuffisance des mobilisations nationales et il est désormais de notre responsabilité d’élargir le mouvement citoyen et sociétal. Ce FSE est le lieu pour lancer cette mobilisation. Le 29 septembre peut être utilisé à ces fins pour d’autres actions contre les banques par exemple ou plus globalement comme point d’appui pour une semaine d’action contre la crise. A l’absence totale d’alternatives, il faut désormais imposer une alternative politique qui apparaît comme nécessaire. L’Amérique Latine peut elle être prise comme exemple de construction alternative en dehors des partis politiques ? Une grève européenne dans quelques mois est elle crédible ?...
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