Envoyer à un ami Recommander cet article

Istanbul le 2 juillet 2010

Samedi de 9h30 à 12h30

 Atelier "l'illusion de l'Europe du travail"

 Ce séminaire était animé par un syndicaliste turc, Devrimiminci Memur Hareketi qui nous a fait part de la situation très délicate des travailleurs turcs.

 Selon lui l'entrée de la Turquie dans l'Europe n'améliorerait pas leur sort, car l'Europe est  une Europe  dans laquelle les droits sociaux sont remis en cause. En effet, le développement de politique néolibérale favorisant la concurrence entre les états  tant au niveau social que fiscal conduit à opérer une moindre redistribution des richesses pour favoriser l’attractivité de certains pays notamment en ce facilitant l’implantation des multinationale ou des grandes entreprises. L’impact des politiques de d’austérité lancé en Europe, ainsi que les évolutions du droit du travail contribue à ce ressenti des travailleurs turcs.

 En effet, la situation de récession de l'Europe des 27 accentuée par la gestion des déficits budgétaires pèsent sur la dépense publique qu’il s’agisse de financer des services publics ou d’améliorer les droits sociaux des citoyens européens. Si les salariés turcs estiment qu’ils n'auraient rien à attendre de l’Europe il apparaît utile de rappeler que malgré le poids du FMI ou des institutions européennes qui appellent à respecter les critères de Maastricht et réduire les dépenses des états européens, des actions sont entreprises par les syndicats afin de lutter contre ses décisions.

 Selon l'intervenant, les syndicats Eu ne joueraient pas suffisamment leur rôle de contre-pouvoir et de défense des travailleurs qu’ils représentent face aux politiques et au pouvoir économique.

Il s’est fondé pour cela sur les positions par exemple de la CES (Confédération Européenne des Syndicats) qui ne lui semble pas assez tranchées.

Cependant il nous  est apparu utile de  rappeler  qu'il existe plusieurs formes de syndicats en Europe et que la CES n'est qu'une composante de la diversité syndicale. Il nous a fallu expliqué que lorsque plusieurs syndicats ou associations, ONG ou syndicats travaillent ensemble il est nécessaire d’établir des positions avec le plus grand nombre.

Les représentants de Solidaires ont expliqué à l’assemblée qu’il existe un autre syndicalisme en Europe, un syndicalisme combatif. Une délégation norvégienne a également témoigné d’une pratique syndicale en ce sens.

 Ainsi cet atelier a permis de rappeler que l’histoire du mouvement ouvrier européen est diverse et variée comme le sont les pratiques et l’organisation de la défense de leurs adhérents, ainsi que les revendications qu’ils portent pour améliorer le quotidien des travailleurs et accroître les droits de ces derniers.

 Le débat s’est poursuivi sur les pratiques  concernant le "dialogue social", celles-ci sont diversifiées. Elles prennent plusieurs formes qu’il s’agisse de forme institutionnelle ou de forme plus combative qui passent par l’établissement de rapport de force qu’il s’agisse de grèves ou de manifestions, afin de montrer l’intérêt porté par les travailleurs aux revendications portées par les syndicats.

Nous n’ignorons pas que pour certains pays l’exercice du droit syndical est difficile.

 Dans ce cadre, nous  avons eu confirmation que plusieurs syndicalistes étaient en prison en Turquie, dont une jeune femme cadre de santé, Meryem Ozsogut. 

Solidaires a alors proposé de l'aide et son expérience pour lui apporter un soutien et aider à l’obtention de sa libération.

 C'est l'intérêt  le plus visible du FSE : des rencontres qui auraient eu beaucoup de mal à se faire dans un autre cadre, pour des échanges militants constructifs aussi bien entre syndicat, association, ONG éclairant les pratiques des uns et des autres afin d’être porteur d’un autre monde.