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Le FSE et après ?

 

Une crise remet tout en cause, et porte en elle aussi son flot d’interrogations. Aujourd’hui on ne peut parler que « des » crises, crises financière, politique, économique, sociale et environnementale.

En cela, et parce qu’elles nous posent les questions fondamentales du devenir de nos sociétés, elles constituent ce qu’Annick Coupé a décrit comme « une crise de civilisation ». La délégation de l’Union a été confrontée toute cette semaine passée au FSE à un ensemble d’interrogations, de celles qui nous obligent à aller au-delà des constats partagés et de nos revendications habituelles.

Comment lutter contre les rouleaux compresseurs des politiques néolibérales qui profitent de la crise pour asseoir encore un peu plus leur discours sur leur légitimité ? Comment s’inscrire dans cette lutte à notre échelle nationale, sectorielle ? Comment additionner les forces de mouvements sociaux souvent hétérogènes parfois même contradictoires ? Comment construire une réelle réponse populaire à la hauteur des menaces réelles (et hautement anxiogènes) qui pèsent sur les populations ?

Si l’on en revient à son étymologie première, la crise est une bifurcation, un moment de décision. Ce qui peut ressortir de ce FSE c’est le constat (validé auprès d’autres syndicats, et organisations, mouvements sociaux d’autre pays) que l’on est arrivé à un moment décisif. C’est celui du « choix » fondamental de la société des prochaines décades qui va s’imposer, et devenir figé, et qui a pour centre la question du partage des richesses.

Alors comment faire ? Le FSE à lui seul n’a évidemment pas une solution toute faite. L’appel à des mobilisations européennes autour de la journée du 29 septembre n’est qu’un pas, mais il n’était absolument pas évident d’arriver jusqu’à cet appel final au début de ce FSE ! Ce FSE a été compliqué de par une organisation matérielle difficile et peut être aussi de par la difficulté de tous les participants à pouvoir en attendre quelque chose de concret.

Mais s’il est une chose à retenir d’un forum social ce sont la qualité des échanges et les contacts pris, qu’il nous appartient de faire vivre. Il y a aussi la conviction renouvelée que d’autres solutions existent et sont à communiquer le plus largement possible, à porter en toute occasion. Tout ceci doit s’inscrire dans un processus de construction de convergence des luttes de l’ensemble des mouvements sociaux. L’Union SNUI SUD Trésor Solidaires par les contacts pris auprès d’autres organisations porteuses de revendications similaires sur l’harmonisation fiscale, sur la lutte contre les paradis fiscaux, sur la nécessité de vrais services publics, et sur la justice fiscale et sociale apportera sa pierre dans l’élaboration de cette construction. Nous avons pris des contacts auprès de syndicats Belges et Allemands présents au FSE, des ATTAC d’Europe (Autriche, Norvège, Suède, Allemagne).  Nous espérons aussi que les rencontres d’octobre de l’Assemblée Européenne concrétiseront encore plus cette voie de résistance.