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du 30 septembre 2009
Sujet : Listes des 3000 contribuables
possédant un compte en Suisse
Vincent Drezet
Union SNUI-SUD Trésor
Solidaires |
daté du 5 sept. 2009
Bercy met la pression sur les fraudeurs
fiscaux
Pour enrayer ces dérives, Vincent
Drezet, le secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts
(SNUI), veut renforcer l'arsenal législatif. "On est mal outillé pour lutter
contre les sociétés qui franchissent la ligne rouge en matière
d'optimisation fiscale", explique-t-il.

Le Snui souligne
«l'ampleur de la fraude fiscale internationale»
«Il y a urgence à prendre des dispositions de
portée générale, en France et au plan international, pour la combattre»,
déclare le Syndicat national unifié des impôts.
Le
Syndicat national unifié des impôts (Snui) a estimé dimanche que l’annonce
par le gouvernement de l’identification de 3.000 contribuables soupçonnés
d’avoir des comptes non déclarés en Suisse était un «coup intéressant»
mais qui «appelle des mesures structurelles et durables».
«Cette
annonce montre l’ampleur du phénomène de l’évasion fiscale internationale»,
souligne dans un communiqué le Snui. «Il y a urgence à prendre des
dispositions de portée générale, en France et au plan international, pour la
combattre», dit-il.
«Le
premier bilan que l’on peut dresser du G 20 d’avril dernier ne peut qu’être
mitigé», ajoute le syndicat. Il cite à l’appui la signature de
conventions fiscales qui «ne prévoient pas d’échanges automatiques
d’informations, ne portent pas sur les sociétés écrans et ne sont, pour
l’heure, pas suivies de moyens juridiques, matériels et humains dans la
sphère du contrôle fiscal».
Ces
dernières années, «les moyens de frauder se sont développés alors que
les moyens alloués au contrôle fiscal stagnaient (l’arsenal juridique n’a
pas été renforcé) voire diminuaient», relève le Snui, qui avance que
l’administration fiscale a perdu 12% de ses effectifs en 7 ans.
Bercy
s’est procuré une liste de 3.000 contribuables français détenant des comptes
dans trois banques en Suisse pour un montant de trois milliards d’euros, a
annoncé le ministre du Budget, Eric Woerth au Journal du Dimanche. Ces
contribuables doivent régulariser leur situation avant le 31 décembre.

De son côté, le Syndicat national
unifié des impôts (SNUI) a estimé dimanche que l'annonce par le gouvernement
de l'identification de 3 000 contribuables soupçonnés d'avoir des comptes
non déclarés en Suisse était un "coup intéressant" mais qui
"appelle des mesures structurelles et durables". "Cette annonce
montre l'ampleur du phénomène de l'évasion fiscale internationale",
souligne le SNUI, qui juge qu'"il y a urgence à prendre des dispositions
de portée générale, en France et au plan international, pour la combattre".
"Le premier bilan que l'on peut dresser du G20 d'avril
dernier ne peut qu'être mitigé", ajoute le
syndicat, citant la signature de conventions fiscales qui "ne prévoient
pas d'échanges automatiques d'informations, ne portent pas sur les
sociétés-écrans et ne sont, pour l'heure, pas suivies de moyens juridiques,
matériels et humains dans la sphère du contrôle fiscal". Ces dernières années, "les
moyens de frauder se sont développés alors que les moyens alloués au
contrôle fiscal stagnaient (l'arsenal juridique n'a pas été renforcé), voire
diminuaient", relève le SNUI, qui note que l'administration fiscale a
perdu 12 % de ses effectifs en sept ans.

Les chroniques fiscales N°2
du SNUI

Pour le Syndicat national unifié des impôts,
« il y a urgence à prendre des dispositions de portée générale, en France
et au plan international, pour combattre l’évasion fiscale ». Le syndicat
estime, de ce point de vue, que « le bilan du G20 est mitigé. Les
conventions fiscales signées à grand renfort de communication ne
constituent souvent que de petites avancées ». Il pointe que ces
conventions ne prévoient pas d’échanges automatiques d’informations, ne
portent pas sur les sociétés écrans et ne sont pas suivies de moyens. Il
rappelle, notamment, que « l’administration fiscale française a perdu 12 %
de ses effectifs en sept ans ».
« C’est une crise qui fait souffrir et il faut que les gens aient le
sentiment que l’on fait attention à cette question de justice et
d’équité », avait déclaré Nicolas Sarkozy, la semaine dernière, aux
banquiers. Est-ce dans cette intention qu’après avoir fustigé les bonus
des traders, le gouvernement s’agite contre les fraudeurs du fisc ? La
communication gouvernementale peut donner, un temps, « le sentiment que
l’on fait attention » à la justice et à l’équité. Mais il en faudra plus
pour convaincre qu’il veut s’attaquer réellement à cette oligarchie de la
finance qui a provoqué la crise.
Communiqué
de Presse de l'Union SNUI-SUD Trésor Solidaires du 30/08/09 :
Après les 3.000 « noms » de Français ayant des comptes en Suisse,quelle
lutte contre l’évasion fiscale internationale ?
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daté du 13 oct. 2009
Au nom de fraudeurs, un
avocat conteste la "liste
des 3 000"
Vincent Drezet du
Syndicat unifié des impôts (SNUI), ironise sur cette démarche. "Tout est
dit, estime M. Drezet, cet avocat réclame la transparence mais pour le
compte de clients qui gardent l'anonymat ! Il n'agit pas pour protéger les
libertés mais pour faire tomber les contrôles fiscaux."

Vincent Drezet (Snui) : " Un
symbole qui doit être suivi de mesures fiscales "
31/08/09
Le secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts revient sur
l'annonce du gouvernement de l'identification de 3.000 contribuables
français détenant des comptes non déclarés en Suisse et les mesures
nécessaires pour que ce "ne soit pas qu'un simple coup de bluff".
Les Échos : Vous estimez que l'annonce gouvernementale de
l'identification de 3.000 contribuables soupçonnés d'avoir des comptes non
déclarés en Suisse est un "coup intéressant", mais qui "appelle des
mesures". Quel genre de mesure ?
Vincent Drezet : Il faut désormais prendre deux types de mesures
structurelles et durables pour lutter contre la fraude fiscale à la hauteur
des enjeux. Tout d'abord au niveau international, le G20 a abouti à des
normes prises comme bases par l'OCDE. Mais il s'agit d'une trop petite
avancée au regard de l'ampleur du phénomène. Le G20 ne prévoit pas
d'échanges automatiques d'informations, ne porte pas sur les sociétés écrans
et n'a pas été suivi de moyens juridiques, humains et matériels. Avec le
prochain G20 de Pittsburgh, il faut que les États aillent plus loin. Il faut
être beaucoup plus ambitieux et moins timides. D'autre part, il faut prendre
des mesures au niveau national. Il est nécessaire d'exiger des ajustements
juridiques et de demander le plus possible aux autres États. Car notre
activité de contrôle diminue tandis que la fraude, elle, continue
d'augmenter. Il est frappant à cet égard de voir que les rappels en matière
de fiscalité international sont en baisse alors que l'ouverture
internationale est croissante. La part des opérations ayant donné lieu à des
rappels en fiscalité internationale est en effet passée de 10,3% en 2000 à
8,8% en 2008. Il faut se donner les moyens d'avancer, même s'il y a
d'importants intérêts économiques et financiers en jeu. Car pour l'instant,
ce n'est qu'un symbole qui doit être suivi de mesures fiscales concrètes.
Nous réclamons ainsi le durcissement des normes de l'OCDE et de l'arsenal
juridique, le renforcement de la loi sur les transfert de bénéfices à
l'étranger et un meilleur pilotage du contrôle. Ce sont des mesures
possibles et nécessaires pour que cette annonce gouvernementale ne soit pas
qu'un simple coup de bluff.
Quel est l'enjeu pour la France ?
Le fait de récupérer de l'argent, mis parfois en avant, me semble
secondaire. Il s'agit avant tout d'une bataille géopolitique, où les grands
États veulent être les plus volontaristes possibles. Ils veulent être les
plus actifs possibles pour le revendiquer et peser par la suite. Il s'agit
aussi d'envoyer un signal fort aux opinions excédées, et dire qu'on fait
quelque chose contre la fraude fiscale. Cela permet aussi de développer la
cellule de régularisation, mise en place par Éric Woerth.
Le PS dénonce une "amnistie déguisée" concernant cette annonce
gouvernementale. Etes-vous d'accord avec cette expression ?
Il y a plusieurs différences par rapport à une amnistie fiscale. Il y a
également des points communs, comme le fait qu'il n'y ait pas de poursuite
pénale. Il faut maintenant voir les mesures à court terme qui seront mises
en place pour voir s'il ne s'agit pas que d'un coup de bluff. C'est ce
qu'attendent les fraudeurs d'ailleurs, avant d'éventuellement revenir.
L'avenir nous dira s'il s'agit d'une amnistie "light" ou pas...

"Le ministre s'est trop avancé sur le contenu et
l'étendue de la liste pour qu'elle n'existe pas", a estimé Vincent Drezet,
secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts (Snui),
interrogé lundi par le JDD.fr.
"Après les bonus, c'est une rentrée politique réussie avec un volontarisme
sur tous les fronts. C'est un coup tactique bien joué", salue Vincent Drezet."Le
G20 fera le bilan de celui de Londres et se rendra compte de la portée
limitée des conventions adoptées", prédit Vincent Drezet. Ce syndicaliste
appelle au durcissement des règles à la fois nationales et internationales,
ainsi qu'à la création d'une cellule d'enquête fiscale.

"Si coup de bluff il y a, c'est
peut-être sur la nature de ces informations ou sur leur caractère
exploitable, estime quant à lui Vincent Drezet, secrétaire national du
syndicat national des impôts. Car aujourd'hui, nous ne savons toujours
pas quels types de renseignements sont susceptibles d'ouvrir les portes des
coffres-forts des banques suisses". Et pour cause, les incertitudes planent
toujours sur le contenu exact de la convention signée entre la France et la
Suisse, et sur son protocole d'application. Pour l'heure il est encore
impossible de savoir si la Suisse pourra ou non opposer la pertinence des
informations à l'administration fiscale française. "Si la Suisse reste
maîtresse des informations qu'elle peut délivrer, alors le secret bancaire
ne sera pas véritablement enterré", explique ainsi Vincent Drezet.
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LA LISTE D'ÉRIC WOERTH
"Il n'y a pas eu de violation du secret bancaire
suisse"
Interview de Vincent Drezet (SNUI) par Romain Blondeau (le lundi 31
août 2009)
Éric Woerth a annoncé dimanche s'être procuré grâce à des informations
fiscales une liste de 3.000 contribuables français soupçonnés de détenir des
comptes dans des banques suisses pour un montant de trois milliards d'euros.
Une version contestée par la presse helvétique, qui souligne le principe de
violation du secret bancaire et dénonce un coup de "bluff" du ministre
français. Quelles peuvent être les sources du ministre du Budget?
- Plusieurs éléments ont probablement permis à Bercy d'obtenir cette liste
de 3.000 contribuables. Cela peut partir d'un renseignement fiscal
classique, ou d'une demande de coopération entre les administrations
judiciaires française et suisse, voire d'une demande d'information transmise
à un établissement bancaire. Toutes ces démarches ont été appuyées par une
volonté politique forte. Pour les autorités helvétiques, il s'agit d'une
réponse à l'activisme des Etats-Unis pendant l'affaire UBS, une volonté de
rétablir l'image des établissements bancaires suisses par plus de
transparence. Pour la France, l'objectif politique est double: masquer
l'échec de la cellule de régularisation, et faire oublier les négociations
avortées autours des bonus. Il y a donc eu probablement des accords entre
les deux pays. Et toute la communication d'Éric Woerth suffit à prouver
qu'il n'y a pas eu de violation du secret bancaire suisse.
Comment expliquer l'attitude de Bercy, qui offre aux contribuables
soupçonnés de fraudes la possibilité de régulariser leurs situations avant
le 31 décembre plutôt que d'engager des poursuites pénales?
- Il y a une différence entre la cellule de régularisation qui concerne les
3.000 contribuables et ce que l'on pourrait qualifier d'amnistie fiscale.
Une amnistie implique une dérogation de l'imposition, offerte contre un
rapatriement des capitaux. Or, avec le système de la cellule de
régularisation, il y a un calcul de l'impôt réellement dû. Dans les deux
cas, aucune poursuite pénale n'est engagée. Le principal problème relève de
la nature des fraudes enregistrées. Pour l'instant, nous n'avons identifié
ni les 3.000 contribuables ni le montant exact des fraudes. Le risque est de
traiter de façon identique un petit héritage familial d'un compte en Suisse
par exemple, avec une fraude importante réalisée par une société écran. Dans
ce cadre, il y aura une amnistie fiscale intolérable.
La convention fiscale cosignée par la France et la Suisse le 27 août
peut-elle contribuer à normaliser la situation entre les deux pays et à
lutter contre l'évasion fiscale?
- Nous ne pouvons pas encore en juger, le protocole d'application de la
convention n'ayant pas été déterminé. Mais de nombreuses mesures pourraient
nous permettre d'adopter une position plus efficace contre l'évasion
fiscale. Sur le plan international, les critères de l'OCDE devraient être
durcis et élargis aux sociétés écrans. Il faudrait faciliter la demande
d'information fiscale, mieux négocier les conventions avec les paradis
fiscaux, et établir un système d'immatriculation des Trusts. Sur le plan
national, une lutte plus efficace contre l'évasion des capitaux requiert un
durcissement de l'arsenal juridique, ainsi que la création d'un service
d'enquête fiscale.

« Ne pas oublier l'évasion fiscale des multinationales
»
Dans tout ça, il ne faudrait pas oublier, non plus, les entreprises
internationales qui cachent de l'argent dans des paradis fiscaux. Ce que
rappelle Vincent Drezet, secrétaire national du SNUI : « il y a
probablement en Suisse des milliers de comptes bancaires et de sociétés écrans
qui pour l'instant sont inconnus du fisc français. On parle beaucoup de
personnes physiques, mais il ne faudrait surtout pas oublier l'évasion fiscale
des entreprises, et notamment des multinationales, parce qu'un certain nombre de
grandes entreprises créent des filiales dans les paradis fiscaux pour y
transférer leurs bénéfices et ainsi échapper à l'impôt. »

Pression " médiatique " Compte tenu de la situation des finances publiques,
beaucoup espèrent que le gouvernement proposera une forme d'amnistie, au
moins partielle, à l'instar de celle proposé en Italie, explique-t-il par
ailleurs.
Les
syndicats des impôts sont aussi sceptiques : " La pression est purement
médiatique. Pour l'instant, les exilés fiscaux ne bougent pas ", estime
Vincent Drezet, du Syndicat national unifié des impôts (Snui). |